Pour cette nouvelle rubrique nous allons débuter par un article très interessant paru dans le MotoRevue n°2110 du 2 février 1973.

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Nous sommes avec cet article début 1973, c’est une nouvelle période pour l’importation des Zundapp en France, de 1968 à ce début 73 les Etablissements Gottfried commercialisaient principalement deux 517/50cc cyclomoteurs à pédales et à 3 vitesses, et deux Motos légères le 517/20 le fameux KS50/5 vitesses/Super Sport et le 518/26 le 125cc 10ch 5vitesses sur cadre 517(voir mes messages des 20 et 22 nov.2008).

En ce début 1973 ce sera une gamme complètement nouvelle avec un seul cyclomoteur un nouveau C50 Sport à bloc 4vitesses et pédales (hors du bloc, donc facilement démontables), en Moto légère c’est le tout nouveau KS50 Watercooled et en 125cc ce sera dans quelques semaines celle qui sera la plus rapide des 125cc du moment la nouvelle KS125/17cv.

Ce reportage est organisé pour promouvoir cette nouvelle gamme, dont les 3 modèles sont présentés tour à tour, il semble que la prise de contact avec la KS125/17ch n’ai pu se faire faute d’une machine disponible ???

Mais la promesse est faite d’un prêt rapide de cette machine à MotoRevue, et ce sera l’essai du MotoRevue n°2143 d'Octobre 73 (que nous publierons prochainement).

Le texte du reportage est transcrit sans aucune retouche, en 3 parties: La firme Zundapp,les 50cc puis la KS125.

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Auteur : A. KULIGOWSKI

“ La qualité d'abord ! ”. Ces deux mots reviennent sans cesse, comme un leitmotiv à Anzinger Strasse à Munich où, depuis 1950, Zündapp a ses usines.

Anzinger Strasse

Qualité et sérieux des fabrications, mais aussi qualité de l'ac­cueil des principaux responsables de la grande firme bavaroise MM F Misselwitz, H. Habisreutinger, H. Kietake et F. Achtmann qui, lors de ma récente visite chez Zündapp, ont hissé l'hospi­talité à des sommets rarement atteints, me faisant visiter l'usine et me permettant d'essayer leurs nouveaux modèles. Qu'il me soit ici permis de les remercier publiquement. En mon nom propre, mais aussi en votre nom chers lecteurs qui apprécierez certainement les précieuses informations que j'ai pu recueillir dans les locaux “ d'Anzinger Strasse.

MotoREVphoto1Aller à Munich en plein hiver peut, pour certains, sembler une aventure. En fait, il n'en est rien. En France, le seul problème est celui posé par les poids lourds- Le Rhin franchi, les « Autobahns » allemandes sont là. Et même si le climat continental est plus rude et si la neige est souvent au rendez-vous, «les ponts et chaussées» locaux font parfaitement leur travail. Avec quelques tonnes de sel, tout rentre dans l'ordre ! Pas de risque d'aventure du style « Autoroute du Sud, 1971 - Valence-Monté­limard »

Les problèmes commencent cependant au moment de l'arrivée à Munich, Ceux qui connaissent la capitale bavaroise savent l'extraordinaire  croissance  qu'a  connue l'agglomération durant ces dernières an­nées. Une croissance d'ailleurs accélérée par les récentes constructions olympiques. Manque de chance : Anziger Strasse se trouve à l'extrême est, alors que j'arrive par l'ouest ! Mais « Autobahn », ce bon génie de la circulation allemande, veille. Il a pris la forme d'une sorte de boulevard mi-périphérique - Il passe à égale distance du centre et de la périphérie - qui me conduit presque directement chez Zündapp. Son parcours est d'ailleurs agréable. En effet, il permet d'admirer les toits révolu­tionnaires du village olympique ainsi que les non moins révolutionnaires quatre cylin­dres et les locaux ultra-modernes qui abri­tent, depuis quelques  semaines, l'usine BMW.

Accueil très cordial de mes hôtes bavarois, je vous l'ai déjà dit. L’emploi du temps de la journée est exposé et, sous la conduite d'un ingénieur et de Heintz Habisreutinger, je prends contact avec la fabrication des Zündapp. Il n'est peut-être pas inutile de rappeler que Zündapp est une très ancienne firme allemande, Créée en 1917 par Fritz Neumeyer, elle eut d'abord    et jusqu'à la fin de la guerre - pour siège Nuremberg.

Après le matériel de guerre (note du ZSEFT:14/18), on s'intéres­sait à la motocyclette et à l'automne 1921 sortaient les cinq premières motos Zün­dapp : les Z.22. Moteur deux temps, mono-cylindre de 211 cc, la puissance était de 2,25 ch : la transmission se faisait par courroie trapézoïdale. En 1928. Zündapp de­venait l'usine de motos la plus moderne du monde.  L'expansion  de  Zündapp  devait croître avec le succès du slogan « A cha­cun Sa moto I   Ainsi, le 1er  juillet 1921, on comptait selon les statistiques 26.729 motos en Allemagne. Le 30 juillet 1930, on recensait au total 731.237 deux roues à moteur i Parmi eux r un grand nombre de Zündapp. Car, entre temps, Fritz Neumeyer avait réalisé une importante opération pu­blicitaire, établissant d'une manière indé­niable la sobriété de la Z.22, véritable ma­chine à tout faire. Voici les faits tels que les relate l'historique de la firme : « Le 24 juin 1923, sur la piste de Reichelsdorf, près de Nuremberg, un ingénieur parcourut 132,320 km sur une Zündapp normale, avec un seul litre d'essence. Cet exploit était tellement extraordinaire qu'il fut mis en doute par la concurrence et la presse. L'essai fut renouvelé; sur l'Avus de Berlin et - Oh ! stupeur des observateurs ! - la Z.22 parcourait, avec un litre d'essence 133,514 km ! « Consommation moyenne de la Zündapp 0,74 litre aux cent! »... Voilà qui doit faire rêver les propriétaires de multicylindres deux temps Japonais... La Z.22 eut bientôt une grande soeur :la K.249. Il s'agissait du premier modèle Zündapp à transmission par chaîne. Moteur deux temps de 249 cc. Puissance : 3,5 ch. Trois vitesses, démarreur au pied et lubri­fication semi-automatique.

Avant la guerre (note du ZSEFT:39/45),  « l'auto populaire », puis les moteurs d'avions accaparèrent le poten­tiel créatif des techniciens. Mais la moto n'en était pas oubliée pour autant. En 1929 sortait la Z.300. Et, en 1933, Hans-Friedrich Neumeyer ayant succédé à son père, il pré­sentait, au Salon de 'Automobile à Berlin, un programme de fabrication qui proposait au motocycliste une gamme allant d'une 175cc à chaîne, à la 800cc quatre cylin­dres à transmission par cardan. En 1936, la 150.000éme Zündapp quittait les chaînes de montage  c'était un K.S 500, à moteur flat twin quatre temps de 500cc. A partir de 1938, la fabrication militaire prit le dessus sur les motos. Bien que, jusqu'à l'ouverture des hostilités, quelques nouveaux modèles fussent encore créés pour des besoins ci­vils  les K.S 600 et D.S 350, avec change­ment de vitesses au pied par exemple.

Pendant la guerre, on devait produire à des fins militaires. En 42, la 250.000éme Zündapp, un side-car lourd, modèle K.S 750 quittait l'usine pour lès champs de bataille. Cette machine restée célèbre fait aujourd’hui la joie des collectionneurs avec son moteur boxer, flat twin, quatre temps, 26ch, qua­tre vitesses, une arrière et une tout-terrain, débrayage combiné à main et au pied, freins hydrauliques, roue de side-car entraînée par différentiel, équilibrage à couple de rotation et verrouillage du différentiel...

Les petites cylindrées

MotoREVphoto2modifA partir de 1948, la fabrication des motos redémarre à Nuremberg. Le moteur deux temps de moyenne cylindrée reprit du ser­vice. Dans de petites motocyclettes, mais aussi dans des scooters fort en vogue à l'époque. En 1950, lors de l'implantation à Munich, Zündapp avait donc deux pieds. L'un à Nuremberg, l'autre en Bavière. A Nuremberg, on fabriquait les grosses cylin­drées et les scooters, tandis qu'à Munich on produisait des petits cubes et des ma­chines à coudre. Les années noires de la moto obligèrent Zündapp à concentrer ses efforts sur la production de machines de petite cylindrée à rendement élevé. Il appa­rut alors que seules une rationalisation énergique et une concentration voulue de toutes les forces à Munich étaient capables de sauver l’entreprise. Dans les années 55-56, les cyclos de modèle KS allaient mettre Zündapp à la tête de l'industrie allemande des deux roues.

Les usines de Munich ont donc reçu des installations  ultramodernes. Installations que, aujourd'hui encore, on ne peut visiter sans être profondément impressionné. Des chaînes de montage, aux ateliers de fabri­cation par moulage sous pression en métal léger, tout est mis en oeuvre pour perpétuer cette tradition de qualité qui, chez Zündapp est hissée au dessus de toute autre préoc­cupation. Et qui, parfois, va même à l'en­contre d'une bonne logique commerciale. Pour obtenir une qualité optimum, on n'hé­site pas à tout faire à l'usine. Ce principe de l'indépendance dans la fabrication est typique chez Zündapp. Outre les pièces « résistantes »  du moteur : le vilebrequin, l'embrayage et la boîte de vitesses, on fa­brique également, à l'usine, les fourches, les suspensions arrières, les réservoirs, les carters de chaînes. Seul, l’équipement élec­trique, Bosch provient de l'extérieur. Com­ment s'étonner alors du succès que ren­contrent sur les cinq continents les 50 cc et depuis peu les 125cc Zündapp. La robus­tesse est quasi légendaire et les perfor­mances sont toujours très élevées. Même la présentation des machines s'est amélio­rée. Jadis d'allures très germaniques, les Zündapp se rapprochent aujourd'hui des canons de la mode.

Après la visite des installations, une prise de contact des nouveaux modèles Zündapp73 : le C. 50; le K.S 50 watercooled ; le K.S. 125 et la 125cc moto cross (dont je vous parlerai la semaine prochaine) m'a conforté dans mon opinion : Zündapp c'est vraiment la qualité d'abord ! A. KULIGOWSKI

Voir la suite de l'article avec la présentation de la KS125/17ch et des KS50watercooled et C50 Sport