La quasi totalité des illustrations et renseignements contenus dans cet article m'ont été fournis par notre correspondant en Allemagne: Pedro C. 

Pedro C. étant en contact avec les nombreux amateurs du 

"Enfield Fury Club" from Chennei and Bangalore

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De 1985 aux débuts des années 90 la firme indienne Enfield assembla des Zündapp dans un lieu qui avait été créé spécifiquement à cet usage: l'usine de Ranipet.

En 1982 soit 2 avant sa mise en faillite, la firme munichoise Zündapp avait négocié la fourniture d'une gamme complète de motocycles avec la firme Enfield, cette fourniture comprenait les pièces nécessaires au montage de plusieurs milliers de motocycles (50cc et 175cc).

Etrangement la firme Zündapp stoppa la diffusion de sa production de KS125/175 en 1982, il est fort possible que cela sa passa dès les accords conclus avec Enfield et qu'au vu des quantités de pièces a fournir à Enfield, la firme munichoise décida de s'y consacrer à 100%!!

 

La 175cc Enfield Fury

Enfield-Fury-175-DW-2

Une publicité d'époque, présentait la 175 Enfield Fury DX sans son carénage de tête de fourche.


En 1985 au lancement des 175 Fury par Enfield il y avait 2 modèles la DX et la DW.

Enfield-Fury-175-DX

Ci-dessus  les Enfield Zündapp présentées lors d'un Salon (1988/89) avec la FURY 175 DX dans sa version "rouge", au premier plan ce sont des 50cc que l'on aperçoit partiellement (à gauche le SilverPlus et à droite l'Explorer).

Ci-dessous le cockpit de la DX exposée, on constate qu'il ne comporte pas de compte-tours.

Enfield-Fury-175-DXCompteur

Les 175 Fury  étaient des modèles identiques aux KS 175 watercooled allemandes, hormis un haut moteur classique à refroidissement "à air".

Toutes les versions de Fury le carter avaient  un carter de chaine intégral, les routes indiennes étant très poussiéreuses.

Pedro C. me signale que cette Fury avait  été produite en trois teintes, la rouge (la Fury ci-dessus), ainsi qu'en argent et en bleu.

La version "Argent" figurait sur la couverture du "Users Manual, et voici ci-dessous la DX en version "Bleu" 

Enfield-Fury-175-DXDW-Prix

Sur ce document d'époque figure sous la Fury DX bleu, de la main même du "dealer", le tarif des deux modèles de Fury, la DX à 19.290 Roupies (On Road) et la moins chère la DW à 17.875 Roupies (On Road).

 

La Fury DW, était la moins chère de la gamme des Fury Enfield, une DW est visible ci dessous (document transmis par Pedro C.), cette Fury DW certainement très peu vendue de son temps car de nos jours très rare sur Internet.

La Fury DW était donc presque similaire à la version une DX, la moins value de 1.500 roupies provenait d'un frein avant à tambour en remplacement du disque, des roues à rayons en remplacement des roues à bâtons, ainsi que de l'abscence du carénage tête de fourche de la DX....

FuryDW

Cette rare illustration de la DW de la Fury DW nous confirme que les teintes et décors étaient les mêmes que ceux de la DX.

 

Les 50cc Enfield

Aux cotés des Fury il y avait aussi une gamme de 50cc, les deux principaux modèles de 50cc l'Explorer et le SilverPlus étaient tous les deux équipés du même moteur le bloc avec vitesses au pied.

En Allemagne comme en France (cyclo. KS et GTS) ce bloc moteur avait été utilisé en version 4 vitesses, pour le marché indien c'est une version 3 vitesses au pied de ce bloc moteur 50cc que Zündapp avait fournie pour l'Explorer et le SylverPlus.

Ces deux 50cc furent diffusés en Inde dans des quantités bien supérieures à celles des 175 Fury. 

Enfield-Explorer50cc

Enfield-SilverPlus50cc

Pour le SilverPlus indien deux particularités, par rapport au ZE40 allemand, la première particularité déjà citée: 3 vitesses au pied en Inde au lieu des 4 vitesses du ZE40 et deuxième particularité: l'utilisation des roues à bâtons de la version Explorer, pour des raisons de standardisation évidentes.

Un troisième 50cc se trouvait dans la gamme que Zündapp avait livré à Enfield, un "moped" 3 vitesses à main et pédales. Il semble qu'Enfield n'ai pas (ou peu) commercialisé ce moped en Inde, en effet sur le marché indien des cyclomoteurs à pédales il y avait beaucoup d'autres machines bon marché (comme la Mobylette) ceci est peut etre une explication.

Aux débuts des années 90, la firme Enfield profitant peut être de la disparition de Zündapp du marché allemand, ré-exporta ce moped sur le marché allemand avec la référence CS25,.

C25 c'était l'ancienne référence d'homologation  par "Zündapp" en Allemagne, sur son réservoir figurait l'inscription "MADRAS".

EnfieldC25Madras

Pour la vente en Inde les Fury et Explorer Enfield n'étaient pas siglées "Zündapp", mais Enfield, alors qu'ici sur ce C25 destiné à l'exportation vers l'Allemagne tout est siglés Zündapp.

Sur ce C25 "export" le seul sigle Enfield se trouve dans le petit écusson rond du réservoir.

EnfieldC25Madras2

Sinon très peu de traces sur la présence de ce C25/Enfield  en Inde !

 

En 1987 Enfield présente la FURY "Grand Prix".

Enfield commercialisa les 175 Fury DW/DX, de 1985 à 1992,  Enfield proposa en 1987 une nouvelle version de la 175 Fury: la "Grand Prix" ou "GP".

En Allemagne cela faisait déjà 7 ans que la firme Zündapp avait disparue!

Enfield-Fury-175-GrandPrix

 The guts for glory/ Les tripes de la gloire

La Fury "Grand Prix", était très proche de la précédente variante DX, les caractéristiques de la "Grand Prix" étaient donc inchangées, c'était du côté  de sa présentation que cette Fury innovait en reprenant un look proche de l'ancien Zündapp "KS80 sport".

 Dans les premières présentation de cette gamme, la firme Enfield avait aussi présenté un 100cc, l'Enterprise, ce modèle était très proche des Fury (bloc moteur et cadre) mais il n'a jamais été produit!

On peut supposer que l'ensemble du matériel ( bloc moteurs et cadres) destiné à cette production  de KS100 a été reconverti pour produire des 175cc Fury plus profitable.

Une exemplaire de ce 100cc à été entrevu sur Ebay: "Les KS100 de 1983"

Epilogue

(Texte extrait du site Muthukumars Enfield Fury)

Dans les années 1990 la famille Viswanathan propriétaire d'Enfield, vend la firme à "Eicher Group".

Enfield/India constate que depuis la disparition de la Royal Enfield Motors (anglaise), les droits sur ce nom sont disponibles.

"Enfield" achète en 1994 ces droits et devient alors "Royal Enfield Motors"

Le groupe Eicher a décidé qu'il n'y avait pas lieu d'encourager la vente de la gamme "Zundapp" sur le marché indien. 

Le 50cc Explorer (CS50) sera la deuxième moto, après la 175 Fury, à être retirée du marché.

Le 50cc Silver Plus (ZE40) a continué sa production pendant quelques années avant d'être enterré silencieusement et sans cérémonie.

Sous la direction du groupe Eicher, la Royal Enfield Motors décide de devenir un acteur de niche et de répondre seulement à ceux qui aimeront le style très "rétro" des "Bullet".

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PMG avec la collaboration de Pedro C. et l'aide de l' "Enfield Fury Club" from Chennei and Bangalore

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Addendum

Pour essayer de comprendre la politique d'Enfield puis de Royal Enfield il est intéressant de voir l'évolution du cours de la monnaie indienne, la roupie,  par rapport à la monnaie allemande au cours de ces années 80/90.

Voici un tableau donnant en Deutch Mark la valeur d'1 Roupie indienne de 1980 à 1995.

CoursRoupie1980-1995

Jusqu'en 1985 la Roupie indienne valait aux environs de 0,25DM, à partie de 1985 la baisse de valeur de la Roupie a été énorme et continue pour atteindre à partir de 1991 la valeur de 0,06DM soit  une division par 4 de la valeur de la Roupie en DM.

Alors qu'étrangement de 1985 à 1992 le prix de vente d'une Fury est resté stable en Inde aux environs de 20.000 Roupie, son prix de vente en Inde converti en DM varia donc de 5.000 DM (1985) à 1.250DM (1992).

Heureusement pour Enfield que l'ensemble des pièces avait été acheté en Allemagne en 1982 lorsque la valeur de la Roupie était haute, mais ensuite avec la nouvelle valeur de la Roupie l'achat d'une quelconque pièce détachée à un ancien sous traitant de Zündapp en Allemagne était devenu économiquement impossible. 

Pour la nouvelle direction de Royal Enfield la vente de produit d'importation à une clientèle indienne était devenue une hérésie et la seule action commerciale envisageable fut l'exportation de produit 100% indien, comme les vieilles "Bullet" héritées des temps anciens.

Cela explique aussi l'intéret financier que représenta la ré-exportation du 50cc à pédales CS25/Madras vers l'Allemagne.

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Depuis la parution de cet article nous disposons des copies d'un document exceptionnel:

"En 1985 premier document publicitaire Enfield Fury"