Dans cette rétrospective des années 50 et 60 les amateurs de Honda, trouverons en fin de message un chapitre traitant de l'arrivée de ce constructeur japonais aux sommets mondiaux où il est resté depuis.

Donc ce sera ici une divagation sur l'histoire de nos 50cc européens et plus particulièrement des 50cc français. Pour commencer un petit retour en arrière sur le panorama d'avant guerre, parmi les 4 leaders européens de l'industrie motocycliste il y avait dans l'ordre: l'Allemagne, l'Angleterre, l'Italie et la France.

Après guerre,  les positions vont être très différentes car, parmi ces quatre pays, l'Allemagne et la France se retrouvèrent avec des législations introduisant sur leurs marchés de nouvelles catégories de motocycles avec un point commun "une cylindrée inférieure à 50cc", par commodité malgré leurs 48 ou 49cc, ils seront dénommés "50cc". En Allemagne comme en France l'industrie motocycliste va s'en trouver transformée.

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Au départ un pionnier français

En 1946, SOLEX, un fabriquant de carburateur pour automobile sera le premier à se lancer. Le prototype de cette machine était prêt depuis 1941.

Ci dessous le prototype de 1941, présenté sur le stand Solex lors du salon de Paris d'octobre 1960.

ProtoSolex41

L'investissement de départ sera faible avec une cadence de production de 15 VéloSolex par jour. Devant le succès, des moyens importants seront mis en oeuvre progressivement et sans risque, ainsi d'année en année la production va augmenter: 25.000 en 1948, 50.000 en 1950.

Pub_Solex_1948

Publicité de 1948 avec la première version du VéloSolex, 45cc et 0,4ch à 2.000tr/mn.

 

SolexAutomobileNov50ret

Publicité dans le n° de novembre 1950 de "L'Automobile", à signaler que même l'usine Zundapp de Nuremberg était équipée des Micromètres comparateurs pneumatiques Solex. Les 150.000 VeloSolex représentent le cumul de production depuis 1946.

Pour l'année 1953, trois usines auront produit 100.000 VéloSolex, le maximum de production annuelle sera atteint en 1964, cinq usines auront produit 380.000 VéloSolex dans l'année.  

ReneRavoSolex53

En 1953, une des nombreuse affiches signées René Ravo,  celle ci nous confirme que la clientèle de Solex était à 75% féminine et à 100% sans casque. Le port du casque obligatoire fut fatal au Solex.

Ensuite la production de la firme Solex (tous modèles confondus) diminuera régulièrement, 198.250 en 1971, 156.745 en 1972, puis à partir de 1975 c'est Motobécane qui a repris la fabrication du seul Solex 3800. Les chiffres resteront importants, jusqu'à ce qu'en 1980, l'obligation de porter un casque en agglomération, ruine définitivement les ventes du VéloSolex.

Une publicité de 1964 pour un 3300 toujours hyper-compétitif à 373FF.

Pub_Solex_1964_2

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A partir de 1946, la forte progression des chiffres de ventes du VéloSolex alertent les fabriquants traditionnels de motocycles, mais pour se lancer dans une production de masse équivalente, il faut des investissements importants et l'argent est rare au lendemain de la guerre.

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En Allemagne c'est presque comme en France

En Allemagne de l'ouest c'est aussi en 1950 le départ pour la production des 50cc, qui va se monter à 70.000 unités, comme en France surtout des petits fabricants qui sont en fait des assembleurs. La RFA est avec ces 70.000 cyclomoteurs de 1950 assez proche de la France qui en a produit 94.000 cette année là, mais en choisissant le format "bon marché" type Velosolex et Mobylette, la production française va bientôt atteindre des chiffres astronomiques.

Pas d'information sur un leader éventuel du marché des 50cc, la principale information c'est que ces 70.000 cyclomoteurs de 1950 furent produit en RFA par 38 firmes! 

Parmi ces producteurs il y a Kreidler qui débute dans ce secteur du 50cc en produisant son premier engin, le K50. Comme en France chez Solex et Motobécane, Kreidler produit la totalité de son K50, moteur et partie cycle, en Allemagne aucune autre firme n'en est là.

Voir notre article: Les 50cc Kreidler Florett prêts pour la course.

Kreidler1950

Le succès de ce premier Kreidler est un gros problème pour les firmes motocyclistes traditionnelles, qui cherchent à réagir.

Il faudra attendre 1953, pour que deux gros projets démarrent simultanément, avec NSU qui produit son 50cc Quickly ainsi que trois autres firmes Hercules, TWN et Zundapp qui décident d'unir leurs moyens en lançant dans une aventure commune, l'un fournit les moteurs, l'autre fournit les cadres et le troisième fait le montage......Chacun son appellation, sous la marque Zundapp ce sera la première Combinette 400, et chez Hercules ce sera le 213.

 CycloCommun1953

Cette production en commun ne durera que deux ans, après quoi, le moteur Sachs de 50cc étant prêt, Hercules et TWN resteront associés en développant une machine commune équipée de ce moteur Sachs. Zundapp de son côté, produira seul sa propre gamme de 50cc.

Pour NSU et son Quickly dès 1953 ce sera un énorme succès.

QuicKly-NSU

Au cours de l'année 1954, NSU produira 100.000 Quickly, c'est ainsi qu'avec ses autres modèles, NSU sera pour l'année 1955 le numéro 1 mondial des producteurs de motocycles (toutes cylindrées) avec une production de 350.000 machines dans cette année. 

En 1963 soit moins de 10 ans plus tard, et grâce au succès de ses Prinz sorties fin 1957, NSU renoncera à sa production de motocycles pour se consacrer uniquement à l'automobile, le Quickly sera arreté fin 1965, au total un million de 50 Quickly auront été produits  .  

Voir notre article sur l'épopée de la voiturette allemande qui permit à certains producteurs de motocycles de passer avec succès du marché moto au marché automobile:

"La saga des voiturettes allemandes"

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A partir de 1954 une nouvelle catégorie de 50cc fait son apparition en RFA, située entre la catégorie cyclomoteur et la catégorie moto la catégorie kleinkraftrad connu un immense succès de 1954 à 1981.

Voir notre article: "Les kleinkraftrads à l'assaut du marché allemand".

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Retour en France avec fin 1949, le début de la grande offensive Motobécane

En France, aussi, il faut relever le défi "Solex", et c'est Motobécane, le plus grand constructeur français de motos et de bicyclettes de l'époque, qui va s'organiser pour démarrer seul, fin 1949, une production de masse avec un minimum d'investissement.

Un atelier de montage sera dédié à ce nouveau 50cc, les autres divisions de Motobécane collaboreront, la division bicyclette fournira les cadres, la division moto fournira les moteurs....Et on peut démarrer à 300 Mobylettes par jour

Ainsi, avec les volumes de productions des VéloSolex et des Mobylettes ajoutées au reste de la production motocycliste nationale, l'industrie française du motocycle se retrouva brutalement, en 1954, en position du 1er pays producteur mondial de deux roues motorisés, dire "1er producteur de 50cc" aurait été presque plus juste.

Quelques années plus tard, le succès des 50cc Peugeot, avec la gamme des "BB" confortera encore durablement la position de la France, en tête de ce marché européen du cyclomoteur "bon marché".

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Avec quelques détails: le succès de la Mobylette

Nous vous proposons une visite de l'usine Motobécane et de sa chaîne de fabrication de "Mobylette AV3", faite par la revue RTM, en 1950 lors de la première année de production de ce cyclomoteur (cette 1ère Mobylette avait été présenté au public en octobre 1949). 

Nous avons encadré cette visite par quelques photos des machines qui ont précédée et puis suivie cette AV3, avec aussi quelques informations sur la production "moto" de Motobécane.

Dans la catégorie "BMA" sans permis de moins de 100cc, d'avant guerre, il y avait le Poney de Motobécane (Type AG1). Une petite moto avec 60cc de cylindrée et 2 vitesses. 

PoneyAG1-38-39

 

En 1946, pour répondre à la nouvelle réglementation française des cyclomoteurs de 1943, Motobécane avait modifié son"BMA" d'avant guerre, le Poney, en réduisant sa cylindrée de 60cc à 50cc.

Mais pour réussir sur le marché du cyclomoteur d'un pays ruiné, cela ne sera pas la bonne machine....trop chère...surtout face au Vélosolex.

En 1946 il y avait en face de Motobécane, comme nous l'avons vu, la firme Solex qui démarrait avec succès la fabrication de son cyclomoteur "ultra minimaliste", ce VéloSolex qui restera pendant toute la durée de sa commercialisation le cyclomoteur le moins cher du marché français.

Poney50-1946

Ce Poney 50cc de 1946 était, à part la cylindrée, identique au Poney 60cc "BMA"de 1939, démarrage au kick, deux vitesses et pédales.

Comme vous pouvez le constater en 1946 c'est toujours le rationnement et les tickets, puisque dans le bandeau vert supérieur figure "Vendu contre un bon d'achat de Bicyclette", ce n'est pas d'un bon d'achat promotionnel dont il est question, mais d'un "ticket" de rationnement "Bicyclette" qu'il fallait quémander à sa mairie, tout cela se termina durant l'année 1949.

En 1950/51 ce Poney 50cc de 1946 était toujours en vente à 44.520 aFF (oct.1950) aux côtés de la nouvelle Mobylette AV3 à 35.000 aFF(oct.1950), ce Poney était donc 25% plus cher que l'AV3, on peut comprendre qu'il n'eu pas un énorme succès, et qu'il laissa le champ libre à la Mobylette.

(100aFF=> 100 anciens francs Français 1945/1959 = 1 nouveau franc français 1960/2001)

Motobécane avait aussi produit immédiatement après guerre des 125cc 4 temps,  cela lui permit de devenir, avec Peugeot et Terrot un des trois poids lourds français de cette nouvelle catégorie des vélomoteurs 125cc qui se conduisait comme les cyclomoteurs 50cc: sans permis (en France jusqu'en 1958). 

Pour Motobécane, l'intéret du Poney 50cc 1946, ce fut son moteur. Car en 1949, soit 3 ans après la sortie de cette version 50cc, le moteur du Poney fut adapté (sans ses 2 vitesses) sur le cadre d'une bicyclette de la marque. Ainsi motorisée et équipée de gros pneus...cette bicyclette motorisée devenait la "Mobylette AV3"... 

L'objectif visé par Motobécane était clairement le VéloSolex. Depuis 4 ans le VéloSolex n'avait pas de vrai concurrent, alors, en fixant à 35.000 aFF le prix de la Mobylette AV3 , Motobécane attaque de front le VéloSolex (à 33.000aFF/oct 50), tout en proposant une machine beaucoup plus efficace.

Christian Rey, le rédacteur en chef de MotoRevue, écrira au chapitre "cyclomoteur" dans la rétrospective de l'année 1950 (octobre 1950) :"Nous avons même vu, l'année dernière, une grande marque française se pencher sur le problème avec beaucoup de bonheur, et le temps où le Vélosolex, seul, était roi, semble révolu."   

Avec un salaire minimum horaire à 78aFF en 1950, le prix d'une Mobylette AV3 ressort à presque 3 mois de travail. Le pouvoir d'achat de l'époque d'un ouvrier était très faible, si une AV3 de 2011 avait aussi valu 3 mois d'un salaire minimum de 2011, elle aurait coûter presque 3.500 euros! Soit le prix de trois scooters chinois!

Mobylette49

Photo extraite du dossier "Mobylette AV3" de la revue Motos d'hier.

La même AV3, 60 ans après...encore bien conservée

AV3aujourdhui

Vue sur le forum du cyclomoteur ancien: http://cyclocahine.forumchti.com/

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A partir de la photo suivante nous sommes dans la visite qu'effectua la revue RTM ("Revue Technique Motocycliste") aux "Ateliers de la Motobécane" à Pantin, pour accompagné son "Etude" de la Mobylette publiée dans le n°31 d'Août/Septembre 1950.

(Plusieurs sites "Motobécane" ont déjà utilisé ce reportage, j'ai hésité en faire de même, mais pour notre clientèle de Zundappistes internationaux je me suis dit que ce reportage et ses photos d'époque était une source d'informations intéressante et qu'il pouvait être réutilisée à nouveau)    

A cette occasion la revue nous signalait que pour la Mobylette, sortie quelques mois plus tôt (en Oct. 1949), le cumul de production était déjà de 25.000 exemplaires, et que sa cadence de fabrication était à ce moment de 6.000 machines par mois (soit 66.000 par an).

En fait le bilan réel de production "Cyclomoteur" de Motobécane sur l'année 1950 complète, sera de 43.762 "Mobylettes+ Poney 50".

Si l'on tient compte des temps de mise en route et d'approvisionement de chaîne, cela nous donne en vitesse de croisière la production d'une Mobylette toutes les 1min 1/2!!....

 

 Pour cette année 1950, avec ses 43.762 cyclomoteurs, Motobécane sera presque à égalité avec Solex, le N°1 du 50cc de 1946 à 1950, avec quelques centaines de machines de moins que la firme Solex, qui avait produit en 1950: 44.300 VéloSolex, à partir de 1951 Motobécane sera le N°1 du 50cc français.....pour de longues années (et même le N°1 mondial).

 

Mobylette50

L'AV3 telle qu'elle sortait des ateliers de Pantin.

DetailAV3-1950

La publicité de la Mobylette mettait en avant ses détails particuliers. 

CadreMobylette-AV3

Le cadre de la Mobylette, repris d'un modèle de bicyclette Motobécane de 1938, avec quelques pattes supplémentaires pour fixer le moteur. 

EnsembleMoteurAV3

Le moteur de l'AV3, repris du Poney 50cc, cylindre aluminium chemisé fonte, piston à déflecteur, puissance 0,75ch à 3.500tr/mn, en prise directe (pas d'embrayage, ni de variateur), vitesses 30km/h.

 

Titre

Nous nous retrouvons dans la division "Moto", ici étaient produits les moteurs qui équipaient les "Poney", à présent ils équiperont la Mobylette.

UsineN1

Les deux rectifieuses utilisées pour les soies de vilebrequin, cette opération s'effectue sur les vilebrequins assemblés (que l'on aperçoit sur la table), pour obtenir un alignement parfait.

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UsineN2

Mise en place au balancier, des roulements à billes de vilebrequin, dans les demi-carters. 

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.UsineN3

Une des chaînes de montage des moteurs. De gauche à droite on monte le cylindre, puis la culasse.

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UsineN4

Quelques uns des 10 bancs de rodage, permettant de faire tourner, simultanément, 60 moteurs en même temps. Chaque banc est équipé d'un moteur électrique qui entraîne 6 moteurs.

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A partir de cette photo, nous sommes dans l'atelier "Mobylette", la fabrication des cadres par la division "Bicyclette" n'a pas été présentée à la revue RTM, cela nous manque....

Ici ce sera la montage final de la Mobylette, les roues sont les seuls composants de la Mobylette qui sont aussi issus de cet atelier, à la vue des postes de montages en bois de ces roues on comprend que l'investissement matériel était faible. Avec les grosses quantités de roues nécessaires, Motobécane n'avait donc pas externalisé cette production hors de l'atelier "Mobylette". 

UsineN5

Mise en place du moteur et du pédalier, le pied support est engagé dans le tube de selle.

UsineN7

Montage du guidon, des gardes boues, des câbles et commandes diverses.

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UsineN8 

Rayonnage et centrage des roues (il faut produire 600 roues par jour).

UsineN6

Finition de la machine, montage des roues, de la chaîne, la courroie et on finit par la selle.

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.UsineN9

Une vue partielle du hall de montage des Mobylettes, au premier plan on aperçoit le stock des gardes boue avants, déjà équipés du phare et des tringles, on en consomme 300 par jour. 

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UsineN11

Toutes les Mobylettes passent au banc d'essai, on enregistre la puissance développée aux différents régimes, les rares machines qui ne fournissent pas la puissance voulue sont refusées et leurs moteurs repassent au démontage.

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UsineN10

Ici un banc d'essai destiné aux agents de la marque, avec sous les cadrants le rhéostat qui freine la dynamo.

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UsineN12

Une partie de la salle d'expédition, les Mobylettes sont soigneusement emballées dans un caisson de bois pour être envoyées dans tous les pays du Monde.

Fin du reportage de 1950 et retour à nos commentaires.

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En année 1950 Motobécane n'avait à Pantin qu'une seule chaîne pour cette première version de la Mobylette.

Les autres ateliers de l'usine de Pantin continuaient de fabriquer la gamme des motos "Motobécane" et "Motoconfort".

Cela allait de la 125cc latérale D45 à la 350cc R46 (version 350cc de la 500 mono Super Culasse d'avant guerre), soit en plus des 43.762 cyclomoteurs de 50cc, une production de 25.286 motos pour l'année 1950.

( dont 19.791 vélomoteur/MTL/125cc et 5.495 motos de + de 125cc ).

Avec l'énorme succès de la Mobylette et la multiplication des modèles, Motobécane ne pourra se contenter de la seule usine de Pantin, il faudra une grande usine au futur n°1 mondial du deux roues motorisé.

 

Ainsi en 1951, commence la construction d'une nouvelle et immense usine entièrement dédiée à la Mobylette, elle est construite à Saint Quentin dans l'Aisne. La construction de cette usine se prolongera durant plusieurs années. (Voir plus loin la situation des usines Motobécane en 1960).

 

Après ce reportage de 1950 quelques documents des années suivantes

 

ScienceEtVieOct51

Une publicité pour l'AV3, vue dans le "Science et Vie" d'octobre 1951

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Pub1953mobyletteEmbrayAuto-AV31-33

Les évolutions de l'AV3 avec en 1953 les AV31 et AV33, avec une suspension avant et enfin l'embrayage automatique.

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Comme toujours, vous clickez sur les images pour les agrandir

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Mobylette-AV37-1955Pub

Avec l'AV 37 la Mobylette adopte, en 1954, les transferts Schnürle et un variateur automatique et trois positions de blocage??? Ce qui était traduit dans cette publicité "3 vitesses à passage automatique"?

Nous étions ici en 1954, et déjà Motobécane indique sur sa publicité:

"La plus forte production mondiale de motocycles",

Je pensais que Motobécane avait été très optimiste, en réalité avec la monté rapide de la production de la Mobylette il semble bien que pour le titre de n°1 mondial, Motobécane  sera constamment au coude à coude avec NSU de 1952 à 1955. Puis  Motobécane sera "définitivement" le N°1 à partir de 1956! 

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Voici une publicité de 1957 pour les plus de 50cc

(En 350cc, c'est maintenant la bicylindre L4C qui a succèdé au mono R46)

motobecanePub-octobre1957Velomoteurs

motobecanePub-octobre1957Motos

Comme vous le constatez, Motobécane indique à nouveau au bas de ce document de 1957:

"La plus forte production mondiale de motocycles"

Là il n'y avait pas d'erreur, en effet depuis 1956, avec une production de l'ordre de 339.000 motocycles, la firme Motobécane a repris à NSU le titre de N°1 mondial des producteurs de "motocycles".

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En intermède quelques données révélatrices d'une époque

 

Des chiffres publiés dans les revues d'époque, ils nous informent sur l'évolution de la production motocycliste française des années 1938 à 1964

(avec quelques chiffres pour les périodes 1914/1930 et 1967/1971).

 

Production motocycliste française de1938 :  

Motos: 13.311 et Vélomoteurs (BMA/100cc): 29.500

La France est le 4ème producteur européen avec une production totale de 38.000 machines cela n'est pas étonnant (c'est moins que la production du seul DKW). A ce moment c'est l'Allemagne qui est le premier producteur européen, en 1938 les 3 premiers fabricants allemands étaient DKW (50.000 machines), NSU (30.000) et Zundapp (20.000).

Pour la définition des "BMA" d'avant guerre voir notre article Cyclomoteur ou vélomoteur, ces 29.500 BMA de 1938 étaient en grande partie produites par 4 grandes firmes, dans l'ordre: Motobécane/9.000, Terrot/7.000, Peugeot/6.500, Monet-Goyon/5.000. 

Pour information, le chiffre des importations de motocycles étrangers en France était en 1938 de 140 machines!!

Cette production française de 1938 était très basse puisqu'elle ne représentait plus que 10% de la production de 1930, la grande crise était passée par là. Voici quelques chiffres de l'évolution de la production française de 1914 à 1930. A partir de 1926, ces chiffres correspondent au total "motos"+"BMA/100cc" :

-1914/ 12.000 motos, 1926/ 60.000 motos, 1927/140.000, 1928/211.000, 1930/407.000 motos. Avec ces chiffres on constate qu'après la création en 1925 de la catégorie "BMA" (maxi 100cc sans permis), la production française monte en flèche à partir de 1926, il est fort probable, qu'au moins les 3/4 dans ces gros volumes, produits de 1927 à 1930, étaient des BMA/100cc.

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Attention les chiffres qui suivent sont fournis par les producteurs et une "catégorie" nouvelle apparaît les "scooters", en fait ces scooters sont dans leur grande majorité dans la catégorie officielle des vélomoteurs/MTL (100 et 125cc) avec quelques "motos" (150, 175, 200, rarement plus). Le regroupement de ces motocycles carrossés par les producteurs permettait de mesurer plus aisément le phénomène.

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Production motocycliste française de1949 :

Motos 15.408,  Vélomoteurs(100 et 125cc): 69.137, Scooters: 601, Cyclomoteurs (50cc): 50.538, Triporteurs: 1.448.

 Soit un total pour 1949 de plus de  137.000 machines de toutes cylindrées.

On voit que la nouvelle réglementation de 1943 a des effets sur la production française similaires à ceux qu'avait produit la réglementation de 1925: pour les motos c'est stable, par contre pour les deux nouvelles catégories "Vélomoteur 125" et "Cyclomoteur 50cc" les  chiffres de production sont déjà très importants. Pour les 50.000 cyclomoteurs on peut en attribuer la plus grande partie à Solex (30 à 35.000) et beaucoup moins pour la Mobylette qui n'a été produite que sur quelques mois de 1949. Pierre Laval qui avait été l'initiateur des deux réglementations de 1925 et 1943 avait été efficace sur ces sujets, on ne peut pas en dire autant de ses autres actions....

Et si vous voulez en savoir plus consultez cet article: Décrets de 1922 à 1957,

Pour information, le chiffre des importations de motocycles étrangers en France était en 1948 de 643 machines, en 1949 de 986 machines (avec 100% de motos et aucun 50cc), dans ces 986 motos il y avait 593 Jawa/CZ.

Ces chiffres très bas étaient dus à une forte limitation des importations par l'administration française, en 1950 ce sera un début de relachement de ce contingentement gouvernementale des motos étrangères et les importations 1950 remontèrent à 8.058 machines ( 2.065 Puch d'Autriche, 1.937 du Royaume Uni, 1.819 d'Italie, 922 Jawa/CZ de Tchecoslovaquie, 680 d'Allemagne et 354 des USA).

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Production motocycliste française de1950 :

Motos 18.588,  Vélomoteurs(100 et 125cc): 100.086, Scooters: 1.820, Cyclomoteurs (50cc): 94.398, Triporteurs: 3.398.

 Soit un total pour 1950 de presque 218.300 machines de toutes cylindrées.

Les résultats de la production française de 1950 sont, pour toutes les catégories, dans le prolongement de ceux de 1949.Pour les motos c'est en légère progression, par contre pour les deux nouvelles catégories "Vélomoteur 125" et "Cyclomoteur 50cc", comme en 1949 les  chiffres de production montent ...montent....

Dans le total des 94.400 cyclomoteurs français,c'est toujours Solex le leader avec plus de 44.000 VéloSolex, mais on constate que ce sera la dernière année, car la firme Motobécane était juste derrière avec presque le même chiffre 43.700 cyclomoteurs pour cette année 1950, qui était la première année "pleine" de production de la Mobylette et cela se voyait. On constate qu'il ne restait que des miettes: 6.700 pour les autres fabricants. Dans ces "autres" il y avait en n°3 Hurtu (4.018) puis Alcyon/912, MR/724, Peugeot/232, Favor/214, Guiller/147 et Automoto/68.

Les scooters sont encore avec une petite production, car les chaînes de montage françaises de Vespa et Lambretta ne fonctionnent pas encore. Les 1820 scooters de 1950 sont encore dus à la production de 4 firmes 100% françaises, Bernardet/1166, Sicraf/P.Vallee/440,  AGF/171 et Scotto/43. Dès 1951 le démarrage des chaînes de Vespa en France va totalement balayer la production française.

Pour un panorama de la production allemande de 1950, voir notre article:

"Porte de Versailles 1950 le grand retour de Zundapp et BMW"

 

Production motocycliste française de1953 :

Motos 37.464,  Vélomoteurs(100 et 125cc): 134.653, Scooters: 84.902, Cyclomoteurs:518.228, Triporteurs: 5.822

Soit un total pour 1953 de presque 781.400 machines de toutes cylindrées.

Par rapport à 1950, c'est  toujours l’expansion des chiffres de la production française, avec une progression dans toutes les catégories: les  catégories"Motos"et "Vélomoteur 125" ont doublées.

La catégorie "scooters" a fait un bond en passant de 1.820 en 1950 à 84.902  en 1953 (avec la mise en service des usines italiennes en France), mais  c'est surtout la production des "Cyclomoteurs 50cc" qui a fait le bond le plus énorme en passant de 94.000 en 1950 à plus de 518.228 trois ans plus tard.

Le chiffre à retenir pour cette année 1953 ce sera celui de la production "moto", avec une production de 37.464 motos de plus de 125cc....ce chiffre sera définitivement le record de la production française d'après guerre, il faut préciser qu'il y a dans ce chiffre plus de 25.000 175cc (Motobécane, Peugeot, Gnome et Rhône, Follis, etc)  avec en complément une production d'environ: 2.000 Monet Goyon/200cc, 2.000 Terrot/250cc et 2.500 Terrot/500cc.

Pour le record de production "motos" de la période "avant guerre" je ne connais pas la répartition entre "motos" et "BMA/100" des 407.000 motocycles de  1930, il est fort possible que cette année là le chiffre "moto" soit bien supérieur à la production de 1953.

Avec en 1930 une production "motos" comprenant un grand nombre de motos comprises entre 250 et 750cc.

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Production motocycliste française de1954 :

Cette production 1954 a été publié dans le MotoRevue n°1.224, que nous a aimablement transmis Pierre du site

"Les Motos GIMA" 

Motos 35.603,  Vélomoteurs(100 et 125cc): 171.974, Scooters: 100.366, Cyclomoteurs: 661.154, Triporteurs: 5.622

Soit un total pour 1954 de presque 975.281 machines de toutes cylindrées.

Par rapport à 1953, le total de la production française de 1954 est en augmentation de presque 200.000 machines.

Mais c'est la première année de baisse de la production de la catégorie "moto" avec - 2.000 motos et cela continuera....jusqu'à atteindre une production de "moto" nulle au milieu des années 60.

La catégorie "scooters" est encore en progression de presque 20.000 machines en passant de 84.902  en 1953  à 100.366 scooters pour cette année 1954. Dans cette production nationale de scooters 82% proviennent des usines françaises de Vespa (48.100) et de Lambretta (34.475) et des miettes pour les français: Terrot/4.271, Peugeot/3.104, Motobécane/2.673, Speed/2.125 et Magnat-Debon(Terrot)/ 963.

Pour les vélomoteurs/MTL le maximum de la production française aura été atteint en 1954 avec 171.974 machines, mais dès 1955 la production française des vélomoteurs/MTL (100/125cc) suivra la lente descente de la catégorie "moto" pour être elle aussi presque nulle au milieu des années 60.

De son côté la production des "Cyclomoteurs 50cc", 661.154 en 1954, a encore progressé de 140.000 unités par rapport à 1953, avec en tête Motobécane 251.096 mobylettes, suivit par Solex 157.812 VéloSolex.

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Production motocycliste française de1955 

Motos 28.289,  Vélomoteurs(100 et 125cc): 151.229, Scooters: 135.657 , Cyclomoteurs:830.575, Triporteurs: 5.508

Soit un total pour 1955 de plus de 1.150.000 machines de toutes cylindrées!

Par rapport à 1954, la production française continue sa progression dans presque toutes les catégories: sauf la catégories"Motos" qui après avoir de 1953 à 1954 baissé de 2.000 unités, cette catégorie moto poursuivit sa baisse avec presque -7.000 unités entre 1954 et 1955.

La catégorie "scooters" a atteint un maximum avec 135.657 chiffre qui ne fera que diminuer par la suite. La production des "Cyclomoteurs 50cc" continue sa formidable progression avec plus de 830.000.

Pour les vélomoteurs (100 et 125cc) le maximum de la production avait été atteint en 1954 avec 171.974 machines produites, et cette année 1955 est la première année de décroissance de cette catégorie, avec 134.653 soit une baisse brutale de plus de 37.000 unités, cette catégorie "100/125cc" continuera de baisser à ce rythme les années suivantes.

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Production motocycliste française de1956 : 

Motos 16.876,  Vélomoteurs(100 et 125cc): 105.151, Scooters: 118.293, Cyclomoteurs: 918.765, Triporteurs: 5.235.

Soit un total pour 1956 de presque 1.146.000 machines de toutes cylindrées!

Cette année 1956 est similaire à celle de 1955 avec une production française qui dépasse le million, avec tout de même un chiffre légèrement en baisse.

Mais la réalité de 1956 était masquée par la hausse des cyclomoteurs alors que d'autre production subisse une chute importante: "Vélomoteur"(-46.000), "Moto"(-11.400) et "Scooters"(- 17.000), la baisse de production de ces trois catégories continuera les années suivantes jusqu'à leur disparition totale au début des années 60.

Pour les 900.000 cyclomoteurs français de 1956 on peut en attribuer la plus grande partie à la Mobylette de Motobécane (aux environs de 294.000) et en deuxième position Solex avec aussi un chiffre conséquent (230.000) et le reste était fourni par Peugeot (75.000), Humblot/ Paloma (37.000), Cazenave (21.500), Rhonson (18.400), Terrot (16.500), Gitane (15.500)  et encore plus de 20 fabricants produisant de 13.000 à 400 machines. 

A remarquer aussi en 1956 le chiffre de la production de scooter avec presque 120.000 machines produites, un beau chiffre mais déjà en baisse, comparé aux 135.657 scooter de 1955, ce chiffre de 1956 est du principalement aux Vespa (60.000) et Lambretta (33.000) qui sont montés par des usines françaises (les importations étant fortement taxées), ces scooters souvent en 125cc sont aussi en catégorie "Vélomoteur" donc sans permis (jusqu'en 1958).

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Production motocycliste française de1957 : 

Motos 10.416,  Vélomoteurs(100 et 125cc): 86.987, Scooters: 102.082, Cyclomoteurs: 904.146, Triporteurs: 4.090.

Soit un total pour 1957 de presque 1.010.000 machines de toutes cylindrées!

Comparaison entre les productions 1956 et 1957:

Du côté de la production française,des "Cyclomoteurs 50" c'est stable, mais les mesures administratives qui frappent les 2 roues de plus de 50cc commencent à avoir un impact sur les ventes. La production "moto" est passée de 16.876 machines à 10.416, la catégorie "Vélomoteur 100 et 125" a chûté elle aussi de 20.000 unités. 

Pour ces 900.000 cyclomoteurs français de 1957, c'est très similaire à 1956, toujours en première position la Mobylette de Motobécane (aux environs de 287.000 "Mobylette") et toujours en deuxième position le VéloSolex (261.000), puis Peugeot (70.000), Humblot/ Paloma (31.500), Terrot (27.000),  Automoto (22.700), Rhonson (20.300), Mercier (20.000), Cazenave (17.900), Gitane (15.400) et encore plus de 20 fabricants produisant de 13.000 à 200 machines.  

A remarquer aussi en 1957 (comme en 1956) la dégradation de la production des scooters (102.000) due principalement à la chute de la production des scooters de 125cc, les Vespa 125 "made in France" passent de 55.000 (1956) à 38.000 (1957) et Lambretta 125 passent eux de 31.000 à 24.000.

Bizarrement, en 1957 les versions 150cc de ces scooters sont en progression, chez Vespa/ACMA ils passent de 4.400 en 56 à 6.000 et chez Lambretta/Fenwick ils passent de 2.300 en 56 à 2.700.

Parmi les fabricants de scooter 125cc, il y avait un petit nouveau: Manurhin, qui avait démarré fin 1956 à Mulhouse la production du scooter 75cc à variateur automatique Uher de DKW (produit en Allemagne depuis 1955). Manurhin en produira 1.030 pour cette année 1956. Pour la première année "pleine", celle de 1957, Manurhin en produira 13.947.....et en 1960 Manurhin produira encore 1.640 scooters.

Dommage que Manurhin commença sa production du DKW en plein effondrement du marché...

 

Pour information, quelques chiffres sur l'import/export de 1957

Pour l'export: Les chiffres de 1957 sont révélateur de l'extrême fragilité de la production française, elle dépasse le million de machine mais l'exportation totale (étranger + colonies) n'est que de 47.054 cyclomoteurs et 18.371 motocycles de + de 50cc.

Si l'on regarde dans le détail il n'y a que 30%(20.384) de ces 65.425 machines qui sont vendues à l'étranger, les 70% restants (45.041) étant à destination des colonies.

Ce qui nous donne 2% de la production française à destination de l'export, un chiffre invraisemblable pour la survie d'une industrie...le moindre à coup sur le marché intérieur et c'est la catastrophe..les japonais qui en 1957 sont en plein préparatifs de leur prochaine invasion avait un calcul inverse en visant une production destinée à 90% vers l'exportation et à 10% vers le marché intérieur.

Pour l'importation: les chiffres 1957 des motocycles étrangers introduits en France étaient de 7.020 machines (avec 5.790  motos et 1.230 cyclomoteurs).

Ces 7.020 motocycles importés en 1958  sont à comparer aux 8.058 importations de 1950, ils traduisent bien une chute importante du marché de la moto en France. Les motos importées (de plus de 50cc) étant passées de plus de 8.000 en 1950 à 5.790 en 1957.

Par contre les importations de cyclomoteurs profitent du développement du marché français du cyclomoteur en passant de 0 à 1.230, mais cela restait très faible comparé aux plus de 900.000 cyclomoteurs produits en France.

Le détail de ces 7.020 motocycles importés en1957 est assez étrange:  Allemagne (RFA): 1.494 (dont 549 cyclomoteur), 1.412 Puch d'Autriche, 1.380 du Royaume Uni, 954 Jawa/CZ de Tchecoslovaquie,  915 d'Italie  (dont 123 cyclomoteurs), et 725 de Belgique (dont 554 cyclomoteurs).

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 Au cours des années 60 et 70 le "marché commun" améliorera le bilan exportation des producteurs français, les exportations françaises de 50cc atteindront leur maximum en 1974, sur une production nationale de 1.380.000 motocycles de "50cc" 468.000 seront exportés (soit près de 30%), puis la mondialisation des années 80/90 mettra tout cela à terre.

Pour ce très beau chiffre des exportations de 50cc de 1974 la France avait comme principaux clients:

n°1/Allemagne Ouest/ 70.000, n°2/Belgique/56.000, n°3/Pays-Bas /52.000.

 

Dans ces même deux décennies 60/70 les dernières de la domination française sur le marché du cyclomoteur, si le marché commun avait permis de beaux succès aux producteurs français il avait aussi permis aux importateurs de prendre une belle part du marché français c'est ainsi que pour cette même année 1974 sur les 1.027.000 "50cc" livrés aux motocistes français il y avait 913.000 machines françaises et 114.000 machines importées.  

Pour ces 114.000 motocycles de 50cc, les principaux importateurs de 1974 étaient dans l'ordre:

1er/Italie/73.400, 2eme/Belgique/29.300, 3eme/Japon/7.800, 4eme/Allemagne Ouest/3.100.

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La production motocycliste française de1958 à 1964:

la ruine du motocyclisme "made in France"

1958: Motos 6.376, vélomot. 24.511 (125cc), scooters 51.668, et cyclomot. 881.772, Tris 3.235. 

1959: Motos 2.555, vélomot. 11.038 (125cc), scooters 38.455,  et cyclomot. 910.137, Tris 1.202. 

1960: Motos 1.411, vélomot. 6.582 (125cc), scooters 37.038,  et cyclomot. 962.338, Tris 1.578. 

De 1961 à 1962 la production de cyclomoteurs continuera sa progression: 1961/1.070.000, 1962/1.127.000. 

1962, pour cette année voici un texte absolument prophétique de Christian Rey, le rédacteur en chef de MotoRevue, publié en mars 1962 .

(Ici le terme "vélomoteur" désigne les 125cc et  le terme "49cc" désigne les cyclomoteurs à pédales).

ProphetiqueMRmars1962

Il y a tout dans ce texte, la fin de la moto "utilitaire", la situation désespérée de l'indusrie française (125cc et +), le succès des grandes firmes productrices de cyclomoteurs "à la française" qui va se prolonger jusqu'au milieu des années 70, le boom de la moto aux USA avec la présence des japonais.

Des signes qui font naître l'espoir qu'une réplique ultérieure en survienne aussi en France....une réplique qui aura lieu 6 ans plus tard.

Seule prédiction qui ne se réalisera pas...tout de suite, le redémarrage de la catégorie 125cc, moribonde à ce moment.

Ce redémarrage des 125cc, Christian Rey le liait à la nouvelle réglementation (prévue pour 1963) limitant à 50km/h tous les cyclomoteurs. Un peu plus tôt la limitation en Italie des cyclomoteurs à 40km/h avait provoqué un léger glissement de la production "cyclo" vers les "125", Christian Rey pensait qu'un phénomène identique était possible en France ...mais cela n'eu pas lieu....

Car ce redémarrage de la vente des 125cc eu bien lieu suite à une modification de la réglementation française, mais 10 ans plus tard........en 1973 avec le passage du permis A/moto 16 à 18 ans.

Mais ce sera trop tard pour la grande industrie française du 125cc des années 50, qui, en 1973, ne sera plus que l'ombre d'elle même......

Pour les "autour de 200.000 immatriculations "moto" de 1961", qui sont citées, il s'agit de la totalité des immatriculations "neuf" et "occasion" sachant que le nombre des motos et scooters (+ de 50cc) importées cette année 1961 fut de 4.500 et que la production française de ces mêmes + de 50cc fut d'environ 20.000 machines, les 175.000 immatriculations restantes correspondaient aux "occasions". Les chiffres de 1962 furent globalement très proche, hormis pour la production française des plus de 50cc qui chuta de 20.000 à 7.000 suite à l'arrêt définitif de l'usine française ACMA/Vespa fin 1961.

1963: Motos 500 (600ccRatier) + 462 (175cc), Vélomot.125cc 3.411, Scooters 304 (294 Motobécane + 10 Manurhin),  et cyclomot.:1.149.235.  

1964: Motos, vélomoteurs125cc et scooters: 125cc: ???, Cyclomoteurs: 1.130.000

1965: Motos, vélomot.125cc et scooters: 125cc: 502, vélomot.50cc: 10.000, Cyclomoteurs: 1.120.000 

Et une nouvelle catégorie dont le nombre important est spécifique à ces années, faisant suite à la nouvelle règlementation "cyclos" en application depuis le 1er janv.1964, les vélomoteurs 50cc (français avec ou sans pédales) qui seront aux environs de 10.000 pour l'année 1965.

Ces 10.000 machines de 1965 (les chiffres de 1964 ont du être similaires), représentaient des modèles comme le Motobécane D52, le Peugeot BB3K, les Paloma Super SJ et SH, le Vap Sp Monneret 4v, etc....toutes des machines de 50cc hors de la catégorie "cyclomoteur", y compris d'éventuels "cyclos" français surclassés en catégorie "vélomoteur".

(Cliquez pour voir la  Liste "1962" des cyclomoteurs français et étrangers immatriculables en catégorie vélomoteur/MTL )

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A partir de 1958, avec la concurrence de l'automobile et aussi la malveillance persistante des pouvoirs publics français, la production française des motocycles de plus de 50cc (moto, 125cc et scooter) s'était donc totalement effondrée.

Après une production par les usines françaises dépassant les 300.000 machines de plus de 50cc en 1954/55, la production de 1960 ne sera plus que de 46.000 machines dont une grande partie est due à la production en France des scooters des marques italiennes Vespa (24.350) et Lambretta (9.141), puisque dans ces 46.000 machines "made in France de + de 50cc" il y avait 37.000 scooters soit 80%!

A rappeler qu'en 1955, 5 ans plus tôt, la production française de scooters (125cc et +) était de 135.657 unités (dont environ 90.000 Vespa et Lambretta) !!! Soit le triple des 37.038 scooters de la production de 1960!!... 

Avec les effets conjugués de l'effondrement des ventes et du démarrage du marché commun les usines "italiennes" n'ont plus lieu d'être, l'usine Fenwick qui fabriquait les Lambretta à Troyes arrêtera sa production fin 1960 et l'usine Vespa de Fourchambault arrêtera sa production fin 1961.

Du côté des triporteurs les deux principaux fabricants s'arrêteront successivement, Peugeot fin 1958 et Lambretta fin 1960, en 1958 la production totale de ces 2 firmes était proche du total français:3.235 triporteurs.

En 1960 la dernière année de production de l'usine française de Lambretta (seule en activité "tris"à cette date) sera de 1.578 triporteurs. ACMA/Vespa produisit aussi des triporteurs, mais en quantité plus restreinte que Peugeot et Lambretta, en 1960 cette production était déjà nulle à Fourchambault. 

Voici l'usine française Vespa de Fourchambault, elle comptera jusqu'à 2.000 ouvriers.

UsineAcma2000ouvriers

Dans cette publicité d'octobre 1960 la gamme des Vespa "Made in France" a fière allure.

La production 1960 d'ACMA fut encore de 24.350 Vespa, mais on était très loin des records établis 5 ans plus tôt avec environ 60.000 Vespa/Acma produites en 1955.

Cette fin 1960 verra la fermeture de l'usine concurente Lambretta/Fenwick de Troyes après une production de 9.137 scooters Lambretta pour cette dernière année (en 1954 Lambretta/Fenwick avait produit 34.475 scooters).  Ensuite 1961 sera la dernière année de production des Vespa/Acma. 

PubAcmaOct60

En parallèle l'arrêt complet des fabrications des 125cc chez Motobécane, Peugeot et Terrot, explique les chiffres de 1964 (voir en fin d'article les productions 1964 par pays) avec cette année là une production française de  machines de plus de 50cc et de 1.130.000 cyclomoteurs.  

Pour les très grosses cylindrées un seul fabricant, Ratier, il fournissait principalement l'administration la production des 600cc C6S fut d'environ 1.000 unités, tout s'arrête fin 1962. 

Passer d'une production de plus de 320.000 motocycles de plus de 50cc en 1955, à une production de"zéro"/ "0" en 1964, soit en moins de 10 ans!

Mission réussie pour l'administration française!

Il en résultera aussi un transfert, de la même quantité de motocycles, vers le marché des cyclomoteurs, puisque entre 1955 et 1964 la production des cyclomoteurs en France augmentera de 300.000 unités (de 830.575 à 1.130.000), voir en fin d'article le détail des productions de 1964 par pays.

Ce chiffre de la production française demeurera stable jusqu'aux années 70, puisque cette production française sera encore de 1.135.323 cyclomoteurs en 1971 et de 1.164.682 en 1972. A noter pour ces deux années un timide retour des vélomoteurs/125cc français, avec 6.508 en 71 et 6.627 en 1972.

Pour la malveillance des pouvoirs publics français vis à vis de leur propre industrie,

voir notre article Cyclomoteur ou vélomoteur.

DeuxRouesObjetDEluxe2

Extrait d'une affiche du Touring Club de France qui essayait, sans succès, de s'opposer à la ruine de l'indusrie française motocycliste par l'administration de l'époque.

Et ci dessous la couverture de la revue Motocycles de Mai 1958

MotocyclesMai58

 

1967 / 1975

Le "Boum" des importations de motocycles étrangers "immatriculés"en France

L'administration française ayant consciencieusement nettoyé le terrain, lorsque le marché de la moto de loisir redémarra en 1968, cela donna 100% d'importation.

Un petit retour en arrière pour les importations "motos" de 1957 / 5.790,  de 1961 / 4.700, de 1962 / 8.000, 1963 / 7.600, 1964 / 4.300,  les chiffres de 1961 à 1967 (environ 5.000/an) me semblent en ligne avec les chiffres de 1967 / 5.700.

Par contre pour le chiffre assez élevé de 1962 et 1963: 8.000 et 7.600 , je ne vois que trois facteurs qui ont pu se cumuler:

- C'était les première année pleine d'importation des marques japonaises Honda et Suzuki, et de ce fait un premier mouvement de curiosité des motards français.

- C'était aussi la première année de libéralisation totale des échanges dans le Marché Commun de l'époque (pour les motos n'étaient concernés que l'Allemagne et l'Italie).

- Et en dernier lieu c'était l'arrivée en France d'un million de français chassés d'Algérie qui pour la plus grande partie débarquaient avec "une main devant et une main derrière", un grand nombre eurent besoin de se re-motoriser (autos et motos)....Suivit de près par plusieurs dizaines de milliers de militaires démobilisés de retour de cette guerre perdue sur le tapis vert.

Ces très bon chiffres de 1962 et 63 se calmeront ensuite jusqu'en 1968......

Les chiffres en gras qui suivent sont ceux des motocycles immatriculés en France après importation, c'est donc le total des Vélomoteurs/ de 50cc à 125cc et des Moto/+125cc, puisque les cyclomoteurs n'étaient pas encore immatriculés à cette époque.

Pour la période 1961/1976 nous avons fait figurer les chiffres des importations, dont la partie années 60 a été l'objet des commentaires précédents.

Les chiffres entre parenthèses (import moto de plud de 50cc) sont ceux des importations fournis par les douanes ils sont en générale un peu supérieurs aux chiffres des machines importées et immatriculées.

A cela j'ai ajouté en italique les chiffres des importations de 50cc fournis par les douanes, ce sont donc les cyclomoteurs importés, mais il est possible que cela comprennent à la fois les cyclomoteurs (non immatriculables à l'époque) et les quelques 50cc immatriculables.

Années 60/70 : Immat. motos neuves ( et Import motos) / Import 50cc

1961: ????? (4.700)

1962: ????? (8.000)

1963: ????? (7.600)

1964: ????? (4.300)

1965: ????? (4.600)

1966: ????? (4.900)

1967: 3.638 (5.700)

1968: 9.742 (11.838) / 83.759

1969: 17.090  (19.412) / 66.524   

1970: 24.081  (27.016) / 60.911

1971: 41.367 (46.686) / 70.327

1972: 58.000 (63.829) / 95.314

1973: 68.000 ( 66.457) / 115.542

1974: .......... ( 95.375) / 114.636

1975: 92.717 (104.049) / 65.258

1976: 117.000 (118.938) / 92.805

1977: 123.000

1978:  111.000

1979: 133.000

La progression est impressionnante, avec le fameux décollage de 1968 qui donne un triplement des importations de 1967, puis jusqu'en 1971 un quasi doublement des importations d'une année sur l'autre. Après cela se tasse, mais la progression reste impressionnante!

En 5 ans de 1967 à 1971 on aura multiplié par plus de 10 les immatriculations neuves en passant de 3.638 motocycles immatriculés en 1967 à 41.367 en 1971.....et en 12 ans on est passé de ces 3.638 de 1967 à 133.000 en 1979 soit 37 fois plus... ( la progression des immatriculations des motocycles d'occasions suivait une pente beaucoup plus douce avec 175.000 en 1961 pour 212.000 en 1979)

Vous serez sûrement intéressé par la connaissance du détail des 41.367 motocycles étrangers immatriculés en 1971, je vous fais la liste des 15 premiers:

No1/Honda/22.737, 2/Yamaha/4.652, 3/Suzuki/2.784, 4/BMW/1.731, 5/Kawasaki/1.549,

6/Jawa-CZ/1.440, 7/Ducati/864, 8/MotoGuzzi/832, 9/Vespa/746, 10/MZ/633, 11/Laverda/499,

12/Triumph/453, 13/Norton/186, 14/Puch/177, 15/BSA/154.....

Le plus spectaculaire dans ces chiffres de 1971, outre le succès évident de Honda dont les 22.737 machines représentent plus de 50% du total des machines importées, c'est les résultats calamiteux des marques anglaises : un total de moins de 1.000 machines pour l'ensemble du trio Triumph+Norton+BSA.

 

Presque la même chose avec les détails des 87.846 motocycles étrangers immatriculés en 1975, je vous fais la liste des 10 premiers:

No1/Honda/29.965, 2/Yamaha/19.690, 3/Suzuki/17.460, 4/Kawasaki/3.591, 5/BMW/2.634, 6/MZ/2.588, 7/Montesa/1.778, 8/Jawa-CZ/1.719,  9/Ossa/1.139, 10/Vespa/1004....

Ces chiffres de 1975 nous montre que l'évolution n'a pas cessé par rapport aux chiffres de 1971.

Le succès de Honda n'est plus ce qu'il était, Honda est toujours le leader mais ses 29.965 machines de 1975 ne représentent plus que 30% du total des machines immatriculées après importation alors qu'en 1971 c'était 50%.

Au cours de ces années 2000 le chiffre des ventes Honda pour les motos (125 et + de 125) est aux environs de 25.000 machines/an en France soit 15% du marché.......

Les suivants sont presque aux mêmes places mais le trio Yamaha/Suzuki/Kawasaki a fourni un total de 40.741 machines en 1975 comparé aux 8.985 machines de 1971!!! C'était 5 fois plus!!!

A remarquer aussi deux nouveaux dans ces 10 premiers de 1975, les espagnols Montesa et Ossa qui font de beaux chiffres.

Pour les résultats des marques anglaises, on constate hélas que c'est bientôt la fin : un total de 254 machines pour l'ensemble du trio Triumph/56+Norton/197+BSA/1.

Une remarque importante pour ces immatriculations de motos neuves importées en 1975, depuis le passage du permis moto de 16 à 18 ans en juillet 1973, la part des 125cc représentent les 3/4 du total. Ainsi le bilan 1975: 87.846 se décomposait en 65.394 machines de 50cc à 125cc et 22.452 machines de + de 125cc.  

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On comprend en consultant ces chiffres que les motos anglaises n'ont pas bénéficié du "boum" de la moto de"loisir". La réputation de mécanique fragile des motos anglaises rebutait le "motard loisir"des années 70, qui, contrairement au motard "pur et dur" des années 50 et 60, ne voulait pas passer ses fins de semaines à ne faire que de la mécanique.....

Face à ce déferlement de motos importées, Giscard d'Estaing, ministre des finances du gouvernement Pompidou, tenta de freiner le processus. Ainsi, à partir d'octobre 1972, les motos de plus de 240cc furent classées "objet de luxe", avec une taxe de 33,3%.

Les motocyclettes avaient déjà été classées en objet de luxe fin décembre 1957, mais à cette époque la production motocycliste était française et le tollé provoqué par cette mesure obligea le gouvernement de l'époque à faire marche arrière en août 1958, mais en 1972 avec 100% d'importation cela ne posa pas de problème. 

 

Fin de cet intermède chiffré

 

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Nous reprenons la suite de notre" Solex et Mobylette Story",

 

Quelques années plus tard, nous sommes dans la période 1959/1961:

Le chiffre d'affaire de Motobécane était bien évidement le plus important des firmes françaises du "2 roues" avec par exemple pour 1958: 17.536.000.000 aFF et pour 1959: 19.507.000.000 aFF, soit environ 30 millions d'euros par an. C'est peu par rapport au volume de machines vendues, mais cela s'explique par la faible valeur unitaire des "Motobécane".

Pour notre VeloSolex un nouveau concurrent est apparu: le VéloVap, celui ci est équipé d'un embrayage automatique, et est beaucoup plus puissant que le VéloSolex.

Comme il est plus rapide le Vap est équipé d'un frein arrière à tambour....

VéloVap

 

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Cette concurrence nouvelle du VéloVap obligea Solex à sortir en 1959 le 1700 équipé lui aussi d'un embrayage automatique.

Solex1700

Un point sur le VéloSolex de 1959:

 La production du VéloSolex a été décentralisé dans 5 usines, où sont produit 275.000 machines. Trois de ces usines sont situées à Courbevoie, les usines A, B et C.

L'usine "A" (11.000m2) où sont produits les moteurs et assemblés les VéloSolex, l'usine "B" (2.000m2) où sont les presses et où s'effectue l'assemblage des cadres et leur émaillage, l'usine "C" (3.500m2) qui est le magasin général d'où partent les cyclomoteurs terminés. 

Une quatrième usine, à Arras, et une cinquième, à Tours, ne sont en 1959 que des ateliers de montage.

En tout une superficie de 23.500m2 et un effectif de 700 personnes et près de 500 machines outils récente.

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Puis pour améliorer la puissance, Solex sort en 1961 le 2200 et fin 1964 ce sera le 3300 avec un frein arrière à tambour, et ainsi le VéloSolex sera presque l'équivalant du VéloVap.

Cela permettra ainsi à Solex de se rapprocher en 1964 de la barre des 400.000 VéloSolex par an et de se rapprocher des chiffres de production des Mobylettes de Motobécane (voir en fin d'article les productions de 1964 par pays, avec une publicité pour le 3300). 

Pub_Solex_2200_1961

Affiches en provenance du super site

Solex Millenium

Le VéloVap était une super machine, mais son fabricant la nouvelle société SA VAP fut une étoile filante dans le ciel de l'industrie motocycliste française, créée en 1959 à Hazebrouck par l'association d' ABG/VAP et de LUCER, hélas elle stoppa tout fabrication en 1967.... 

Voir notre article:  Records et performances Sachs 1962 / 63 / 64 et le scandale VAP ...

 

Chez Motobécane c'est l'AV 89 qui est le haut de gamme des Mobylettes

Mobylette-AV89-1960Pub

Cette AV89 était au catalogue à 830NFF (en 1960 c'était l'arivée du Nouveau Franc français), elle était au double de la Mobylette premier prix, une variante de l'AV3 qui était encore en vente, l'AV32S à 360NFF.

Avec ses 2,7ch, l'AV 89 aura été une des Mobylettes les plus rapides, car nous sommes ici en octobre 1960 et la vitesse des cyclomoteurs est encore "libre", puisque le bridage des cyclomoteurs ne commencera que le 1er Janvier 1964 ( Voir Cyclomoteur ou vélomoteur).

MobyletteAV89-essai-Oct60

Dans cet essai de la Mobylette AV89 (fait par MotoRevue en oct.1960) la vitesse maximum obtenue a été de 71km/h, ce cyclomoteur étant strictement de série.

Avec ces 71km/h la Mobylette AV89 de 1960 est loin des 30km/h de la Mobylette AV3 de 1950, on peut même dire que l'AV89, malgré ses 50cc, a retrouvé les performances des BMA 100cc d'avant guerre.

Voici une publicité d'octobre 1960 pour les deux nouveautés 1961,

l'AV89 à 830NFF et l'AV44 à 472NFF.

PubMobyletteOct60-1PubMobyletteOct60-2-suite

Pour plusieurs années ce seront les deux modèles les plus vendus, pour la moins chère, l'AV44, ce sera dans cette configuration, par contre pour la plus chère des deux, l'AV89, ce sera dans sa version avec suspension avant telescopique.

(Avec ce lien: Age du bronze, vous avez les AV89 britaniques.)

Mais il y a toujours, au bas de cette publicité d'octobre 1960, pour les "Mobylette" 1961, le bandeau annonçant:

BandeauMotobécaneN1mondial

"La plus forte production mondiale de motocycles"???? 

En cette fin d'année 1960, c'était presque une publicité mensongère, car bien qu'ils ne soient pas encore présents en France les fabricants japonais produisent en grandes quantités et c'est Honda qui, menant le combat en tête des firmes du soleil levant, a décroché le titre.   

Ce titre de N°1, Motobécane l'avait acquis en 1956, et conservé en 1957,1958 et 1959, mais en 1960, le titre sera définitivement perdu....

Évidemment, 50 ans plus tard, la critique est facile, mais en octobre 1960 les chiffres des productions de cette année 1960 n'était pas encore connus, et pour cause! Et donc jusqu'à la fin 1960 ce n'était pas une publicité mensongère puisque Motobécane était bien le "World champion" en titre!

PubUSMobylette

Pub US pour les mêmes

 

C'était Honda....

C'est en 1958 que Honda démarre sa production de vélomoteur avec son premier Super Cub (cylindrée de 50 à 100cc). Une usine est construite à Taïwan pour obtenir les meilleurs coûts.

Production Honda pour l'année 1958 : 121.000 motocycles

Dans cette compagne publicitaire de décembre 1959, la toute nouvelle American Honda Motor prodigue des conseils d'achat en désignant le Super Cub comme étant le bon cadeau pour Noël.

HondaSuperCubDec1959

L'année 1959 fut très importante pour Honda, alors que la firme japonaise ne vend ses motos qu'au Japon et dans les pays voisins, elle décide de s'implanter au USA. Elle fonde en juin 1959 l'American Honda Motor Compagny.

A la fin de 1959 American Honda n'a que 15 concessionnaire et a vendu moins de 1.800 motos aux USA. Pourtant la production totale de Honda (50cc + motos) a atteint les 288.000 unités.

En poursuivant cette politique commerciale agressive au travers le monde, la production "1960" de Honda fera plus que doubler avec un bond à 654.000 unités, Honda devenant ainsi le nouveau Numéro 1 mondial en lieu et place de Motobécane (408.000 en 1960). Cette position de N°1 mondial sera très solide puisque l'année suivante, en 1961, Honda approchera le million de machines produites. 

Après le démarrage de l'usine taïwanaise de SuperCub, ceux ci représentent une proportion importante de la production Honda. Dans le bilan de production totale de 1959 de 288.000 unités il y a 170.000 SuperCub.

Dans le total de la production Honda 1960 de 654.000 unités il y a 570.000 SuperCub. Pour l'année 1961 la production totale de Honda atteindra 980.625 unités,  dans ce chiffre je ne connaît pas la part exacte des SuperCub (aux environ des 700.000), mais le maximum de production annuelle de SuperCub sera atteint en 1963 avec 900.000 SuperCub.

En 1963 Soichiro Honda inaugure une usine de montage à Alost/Aalst (entre Brussel et Gent), une usine dédiée principalement aux 50cc destinés au "Marché commun" ce qui permettait de réduire les taxes à l'importation.

En 1964, suite de l'expansion japonaise, Honda était depuis 1960 le premier producteur de motocycles (toutes cylindrées) , mais en 1964 Honda est maintenant bien implanté en Europe et aux USA. Et aux USA la firme japonaise détient  à ce moment 62% du marché, cela lui permet de décrocher aussi l'autre titre, celui de N°1 de la production de "Motos" que détenait jusque là le groupe BSA/Triumph.

De nos jours et depuis ces années 1960 et 64, les 2 titres mondiaux (Toutes Cylindrées et Motos), sont restés la propriété de Honda (15,4 millions de motocycles en 2011, dont 98,2% fabriqués hors du Japon, au total 33 usines dans 22 pays).....bien que localement Honda ne soit pas toujours le n°1, comme c'est le cas en France, où Yamaha est ce n°1 depuis plusieurs années.... En novembre 2014 un cumul particulier puisque depuis sa création et en 66 ans Honda aura produit 300 millions de deux roues.

Voir-> L'arrivée des Honda en France

et les petites Honda des années 60

 

En France le C100/50cc était en 1965 à 1.390FF, mais sans les pédales qui étaient encore obligatoires en 1965, il ne pouvait être homologué dans la catégorie cyclomoteur, et de ce fait il était très difficile à vendre.

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Retour en France

Situation de Motobécane en 1960

En 1960 l'ensemble des moyens de production de Motobécane occupe une surface d'environ 90.000m2, soit 35.000m2 à Pantin et 55.000m2 à St Quentin. L'effectif était de 3.000 personnes réparties, moitié à Pantin et moitié à St Quentin.

A Pantin on fabriquait la gamme des plus de 50cc, cette gamme était presque identique à la publicité de 1957, avec en plus les très belles 125 et 175 Spéciales sorties en 1958. Mais les ventes motos sont très faibles et les fabrications vont s'arrêter progressivement, la D45 et la 350 L4C en 1961, puis les Spéciales 125 et 175 Z fin 1962. Avec les stocks de 125/175 disponibles, la vente se prolongea jusqu'en 1964. (En 1969, soit 5 ans plus tard avec un twin 125cc deux temps, Motobécane reviendra sur ce marché).

Du côté des prix des Motobécane de +  50cc de 1960, on avait la D45 latérales à 1.222NFF, la ZS "Spéciale 125" à 1.863NFF, la ZS"Spéciale 175" à 2.145NFF et pour finir la 350L4C à 2.865NFF. 

Production Motobécane 1960 des + de 50cc: scooter/1.510, 125cc/2.662, 175cc/871, 350cc/48.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas ces dernières "4 temps" Sport, made in France, voici la ZS Spéciale en version 125cc, identique à la 175cc. Les ventes des années 60 furent très faibles et de nombreuses Spéciales actuelles ne sont que des reconstructions faites à partir de ZS normales.

motobecane125speciale1958

Le prix manuscrit à 199.800 + taxes, situe cette publicité après 1960.

Voir notre article : Les 125 françaises de 1963 face aux allemandes de 1973

Pour voir d'autres publicités : http://www.motobecane-club-de-france.org/

On revient à notre Mobylette "1960":

Les moteurs de Mobylette étaient produits à Pantin avant d'être expédiés à Saint Quentin où le montage des Mobylettes s'effectuait sur 5 chaînes, le rythme de chacune de ces chaînes devait être approximativement le même que celui de la première chaîne de Pantin.

Ce qui donnait 5 "Mobylettes" (une par chaîne) toutes le 1mn1/2, soit une "Mobylette" toutes les 20s!! Soit une capacité maximum de 36.000 Mobylettes par mois et de 400.000 par an.

En dix ans, de 1950 à 1960, Motobécane avait produit 2.600.000 Mobylettes, soit une moyenne de 260.000/an. Les capacités de production ayant variées d'environ 66.000/an en 1950 à 403.000/an en 1960, ces chiffres sont cohérents avec le cumul.

A cette production française s'ajoute celle des "licenciés" Motobécane, en Hollande, Espagne, Danemark et Sud-Vietnam. 

StQuentin1966

Chaîne de montage Motobécane en 1966, ici l'atelier de montage des roues de Saint Quentin n'a plus l'allure très sommaires de celui de Pantin en 1950 (photo en début d'article). 

Aux débuts des années 70 la production Motobécane aura encore progressé, avec 588.000 cyclomoteurs en 1969 puis 595.699 en 1971, 624.827 en 1972. Plus quelques milliers de "vélomoteurs/125", 5.062 en 71 et 4.070 en 72.

Le cumul de production des cyclomoteurs Motobécane aurait atteint les 9 millions d'unité le 24 juin 1970! Compte tenu du cumul précédent (2,6millions de 1950 à 1960), ce chiffre annoncé dans "AutopPoche" d'août 1970 semble un peu exagéré. 

L'usine de Saint Quentin comptera jusqu'à 4.200 employés (en 1975), à partir de 1978 l'effectif diminuera continuellement jusqu'à atteindre aujourd'hui avec Yamaha 700 personnes (en 2010).

En 1979 la situation n'est plus ce qu'elle était, le marché du cyclomoteur s'est effondré en France avec 550.000 cyclomoteurs neufs vendus, dont maintenant 1/5ème (110.000) sont importés.Le total des cyclomoteurs  français produit est de 752.000 ( dont 440.000 vendues en France) réparties entre les deux dernières firmes françaises encore sur le marché: le 1er c'est maintenant Peugeot avec 410.000 (250.000 vendues en France) suivi par Motobécane avec  340.000 (190.000 vendues en France)......

  Cinq ans plus tôt, en 1974, la situation était totalement différente, avec un marché français au summum, les livraisons aux commerçants français furent de 1.027.483 machines de 50cc  ( 912.847 françaises + 114.636 importées). En cinq ans le marché français avait chuté de 50%.

Voilà,....c'était la très grande époque de l'industrie française.

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Quelques grandes dates de la production motocycliste

1950: Avec une production annuelle qui progressera de plus de 90.000 cyclomoteurs à pédales en 1950 à plus d'un million au cours des années 60, l'industrie française sera leader pendant 20 ans du secteur du "moped" bon marché.

En Allemagne l'année 1950 est celle du grand redémarrage avec le passage de la production de 80.000 unités en 1949 à 250.000 en 1950, chiffre qui ne fera que croître avec la mise en production de la nouvelle usine NSU d'Ingolstadt en 1951.  

Avec une production de 1.000 machines de 50 à 350 par jour, Motobécane s'affirme être le n°1 mondial, cette affirmation était plausible, Motobécane a pu être 2 fois de suite le n°1 mondial, de 1950 à 1954, puis de 1956 à 1959. Dans l'interval 1954/1956 c'était NSU le n°1, puis à partir de 1960 ce sera Honda. 

1951: Avec l'achat de Triumph par BSA, le nouveau groupe ainsi formé devient le N°1 mondial de la production "moto" (hors petite cylindrée) avec une production annuelle de 75.000 motos. Pendant de longues années cette réunion BSA/Triumph a été invisible pour le grand public, elle n'était que financière la firme Triumph conservant sa direction (Revue "Motor Cycle" du 22 mars 1951).

Ce regroupement n'est apparu véritablement au yeux du public, que lorsque cela s'est mis à aller mal, ainsi c'est à la fin des années 60 qu'est apparue la 750 trois cylindres première machine commune au groupe BSA/Triumph. 

1954: La firme allemande NSU devient avec le succès de toute sa gamme, le N°1 mondial (machines de toutes cylindrées) avec une production annuelle de 340.000 machines. Gamme très riche avec les 50 Quickly, 50 Quick, 100 Fox, 200/250 Lux / SuperLux, 250 Max et SuperMax, 350 et 500 Konsul ainsi que son scooter (licence Lambretta, remplacé par le Prima en 56).

1956: La société française Motobécane reprend à NSU le titre de N°1 de la production mondiale (toutes cylindrées) avec une production annuelle de près de 339.000 machines. Le total de la production française de motocycles étant cette année 1956 de 1.070.000 machines (dont 920.000 cyclomoteurs). A l'ombre de Motobécane, la firme Solex sera pendant plusieurs années le N°2 mondial.

1960: Avec une production annuelle de 654.000 machines en 1960 (puis 980.625 en 1961), le japonais Honda reprend à Motobécane le titre de N°1 mondial pour la production de motocycles (toutes cylindrées), titre que Motobécane détenait depuis 1956 (production de 408.000 en 1960 pour Motobécane). Motobécane restera encore pour quelques années le n°2 mondial en compagnie du n°3 mondial, la firme Solex. 

1964: Le japonais Honda reprend au groupe BSA/Triumph le titre de N°1 de la production "moto" (hors petite cylindrée). Titre de que le groupe BSA/Triumph détenait depuis sa création en 1951.

Années 60 et 70: La France avec son trio: Motobécane, Solex, Peugeot, possède une production voisine du million de machines, elle restera aux cours de ces années le 2ème pays producteur de motocycle derrière le Japon, puis les années 80 seront fatales à toutes les industries européennes, comme à l'industrie française.

Voir l'origine des cyclomoteurs importés de 1970 à 1976 dans notre article:

Le cyclosport en France 1959/1970

Avec l'ouverture des frontières, le coût de la main d'oeuvre européenne n'est plus compétitif....on ferme les dernières usines et on se dirige vers les bureaux du chômage.

1979 : En France le marché du cyclomoteur a baissé de près de 50% (550.000 vendus en France et 200.000 exportés) seul reste en production deux firmes françaises : Motobécane et Peugeot, mais c'est maintenant Peugeot le n°1 (250.000 vendus en France + 160.000 exportés) devant Motobécane qui avait repris la fabrication du Solex (total mobylette+solex = 190.000 vendus en France + 152.000 exportés) et en complément 110.000 cyclomoteurs étrangers importés sur le marché français!

Le total des importations de motocycles en 1979 sera aux environs de 243.000 machines, réparties entres 110.000 cyclomoteurs et 133.000 motos. 

Sur ces 133.000 motos de 1979, 85% sont japonaises, réparties entres Honda 47.500, Yamaha 41.400, Suzuki 15.800 et Kawasaki 7.100........

Le n°1 mondial "toutes cylindrées" est toujours Honda avec en 1979 une production de 2.640.000 unités........... 

 

Après la vague de faillite de la fin des années 50 celle du milieu des années 80 termine le travail, et maintenant avec l'indemnité de chômage on peut s'acheter un scooter chinois.

Un grand merci aux administrations et aux politiciens français pour leur parfait pouvoir destructeur.... 

Revoir le discours du Dr Neumeyer à la Presse française, le PDG de Zundapp qualifiait, début 1969, l'industrie française du motocycle de n°2 mondiale derrière la 1ère, l'industrie japonaise. -> Zundapp et Gottfried.  

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Pour être "très" complet encore des chiffres, ici ceux de 1964 par pays

L'ordre des leaders n'est plus celui de l'après guerre,  en ne prenant pas en compte les pays communistes (ce qui fausse le tableau), en 1964 le nouvel ordre est maintenant :

N°1 Firmes japonaises/ 2.100.00, N°2 France/1.130.000, N°3 Italie/650.000, N°4 Allemagne/240.000, N°5 Pays-Bas/175.000, N°6 Angleterre/140.000.

( En n°1 ce sont les firmes japonaises et non le Japon, car dans le cas de Honda la plus grande partie de ses petites cylindrées étaient produites hors du Japon).

 Le classement d'avant guerre qui était : Allemagne/Angleterre/Italie/France est quasiment inversé...Il faut dire que pour certain pays la proportion de 50cc dans ces chiffres est de 100%, c'était le cas de la France et des Pays Bas.

L'Angleterre avec ses premières grosses pertes de part de marché en Europe et surtout aux USA, la production anglaise est descendue à 140.000 machines, et le pire était encore à venir.

En Allemagne non communiste (RFA): En 1963 Zundapp avait totalement arrêté ses fabrications de motos.  Depuis 1958, après la fermeture de l'usine de Nuremberg  la fabrication des motos Zundapp avait partiellement continué dans l'usine de 50cc  de Munich.

Ainsi à partir de 1963 Zundapp ne produira plus que des 50cc (et leurs dérivés: 75cc et 100cc) , cette même année 1963, l'ex n°1 mondial, NSU, cesse ses fabrications de motocyles (fin 1965 pour les 50cc).

NSU après avoir vendu sa division automobile à Fiat (fin des années 20), avait avec la Prinz (sortie fin 1957) raccroché avec succès le marché automobile. Plus tard NSU sera absorbé par Audi (1969).

Voir notre article sur la "Conversion à l'automobile des firmes allemandes"

Alors que la firme NSU avait été le N°1 mondial en produisant à elle seule 340.000 machines en 1954.

En 1964 soit 10 ans plus tard la totalité de la production de l'Allemagne de l'ouest (RFA) n'était que de 240.000 motocycles, malgré tout c'était une progression importante par rapport aux 220.000 produit en 1963.

Ce total se répartissait entre 160.000 cyclomoteurs (111.862 moped + 48.744 mokick) et 80.000 motos ( 11.828 motos, 2.633 scooters et 64.905 kleinkraftrads/50cc non limités).

Le chiffre des kleinkraftrad produit cette année 1964 est assez étonnant: 64.905, soit 25% du total de la production allemande. La production 1964 de Zundapp était elle, de 70.000 machines, réparties dans les 3 catégories: cyclomoteur/kleinKraftrad/moto (75cc et 100cc).

L'Italie, ne connaîtra pas le reflux du marché européen de la moto des années 60, car, comme le Japon, elle exportait avec succès une partie importante de sa production aux USA, elle aura ainsi produit en 1964: 650.000 motocycles (soit environ 250.000/+de 125, 250.00/125 et 150.000/Cyclomoteurs).

Depuis 1958 la production de l'Italie est presque stable, avec pour les années 58/59/60 des chiffres proches de ceux de 64. Le contraste avec la production française est spectaculaire.

(Voir le cas de Ducati-> Une histoire Ducati à la mode Zseft)

Parmi les pays qui, comme le France, ne produisent que des 50cc, il y a la Belgique avec 70.000 machines, les Pays-Bas avec 175.000 machines.

La France, avec une production de 1.130.000 machines est le n°2 mondial derrière le Japon, mais restera encore quelques années le n°1 de son secteur: le cyclomoteur à pédales sans vitesse. 

La production totale de cette année 1964 (1.130.000) est pour la France légèrement supérieure à celle de 1956 (1.070.000), mais maintenant la répartition est totalement différente, les 1.130.000 machines de 1964 sont des cyclomoteurs, ils se distribuent approximativement ainsi:

Une production très proche pour Motobécane et Solex de l'ordre de 400.000 et 380.000 machines, en troisième position le regroupement Peugeot/Terrot, avec aux environs de 150.000.

En quatrième position un nouvel acteur avec pour lui aussi un nombre important de cyclomoteurs produits, c'était la nouvelle société SA VAP (association d'ABG/VAP et de Lucer), qui depuis 1959 marche fort dans sa toute nouvelle usine d'Hazebrouck, dès que possible le chiffre exact de cette production 1964 sera indiquée, pour l'année 1962 il se situait à 60.000 cyclomoteurs, le chiffre de 1964 dévait être similaire. En 1967 la SA VAP arrêtera toute production...

En 1963 Vap établira 3 records du monde avec un "Vap Spécial Monneret"......en fait c'était un Hercules/Sachs maquillé! Voir ce scandale dans notre message->Records et performance Sachs

 

En cinquième position, une production encore conséquente pour une nouvelle association de producteurs qui essayent de limiter la casse, celle de deux autres fabricants français: Cazenave et Paloma avec un chiffre proche des 30.000 unités, en 1956 Paloma produisait seul 37.000 unités et Cazenave 21.500.

Et le reste pour les quelques fabricants qui vont bientôt disparaître...Captivante, Tendil, etc pour atteindre les 1.130.000 cyclomoteurs..   

Ci-dessous une publicité de 1964 pour le nouveau 3300 enfin équipé d'un frein arrière à tambour, et autour de ce bolide il y a la très chic clientèle du VéloSolex. Hélas en 1980 cette clientèle disparaîtra totalement après l'obligation du port du casque.

Pub_Solex_1964

Les parts des Motos (plus de 125cc) et des Vélomoteurs (125cc), ainsi que celles des scooters et  des petits fabricants, qui composaient la production française jusqu'en 1962, ont totalement disparues.

Par exemple la chute de production des 125cc Motobécane est impressionante: ainsi en 1958 dernière année presque normale, l'usine Motobécane de Pantin produisit 6.855 machines de 125cc alors qu'en 1963 dernière année de production de Pantin, 1.598 motos de 125cc furent déclarées. 

Il ne reste, en 1964, que les cyclomoteurs des 5 grands fabricants: Motobécane, Solex et Peugeot,  SA VAP et Cazenave (qui avait repris Paloma à la fin de 1963).

Pour Peugeot, c'est le succès de sa gamme des "BB" qui avait enfin fait décoller les ventes à la fin des année 50 (Voir notre page Peugeot).

Peugeot_BB1_et_Bima_1957

Avec ces 2 publicités de 1957, nous avons à gauche le BIMA à galet qui était en fin de vie après n'avoir jamais eu un grand succès, et à droite le premier de la série des BB qui permettra enfin à Peugeot de figurer sur le podium. Aux débuts des années 70, Peugeot sera même le n°2 français avec une production qui sera aux environs des 350.000 machines face à Solex qui n'en sera plus qu'à la moitié de ce chiffre.

A la fin des années 70 le marché français du cyclomoteur s'effondre  Peugeot est à ce moment le n°1 avec une production qui est tombé à 250.000 machines, derrière un seul concurrent Motobécane qui a repris à son compte la production du Solex et produit 190.000 machines (mobylette+solex).

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N'oublions pas le n°1 de l'époque: le Japon, la production totale de 1964 est de 2.100.000 motocycles. Mais il faut être prudent avec les  chiffres publiés par les revues moto d'époque, car on voyait systématiquement "Production du Japon = Somme des producteurs japonais", alors que certaines firmes japonaises avaient déjà des usines hors du Japon.

Honda, par exemple, produisait depuis 1960 un fort pourcentage de ses Super Cub dans son usine de Taîwan (pour un total annuel 1964 d'environ 900.000 SuperCub et plus les années suivantes).

L'ordre des leaders de 1964 n'est plus celui de l'après guerre,  en ne prenant en compte que les pays capitalistes, le nouvel ordre mondial est maintenant Japon, France, Italie. (Avec Japon= somme des marques japonaises!)

Si l'on se rappelle l'ordre de 1938, encore d'actualité aux débuts des années 50, qui était: Allemagne (entière), l'Angleterre, l'Italie, on constate qu'en 1964 seule l'Italie avec conservé sa place sur le podium.

Les pays communistes de l'Est ne figuraient pas dans ces statistiques, pourtant ils auraient pu les perturber par leur dynamisme, car l'Allemagne de l'est (RDA), la Tchécoslovaquie et la Hongrie étaient d'importants producteurs de motos, sans oublier l'URSS qui devait produire à elle seule entre 500.000 et 600.000 grosses et moyennes cylindrées.

Nota: Si la production de la partie communiste de l'Allemagne (RDA) avait été connue et ajoutée à la production de l'Allemagne capitaliste (RFA) les classements précédents aurait surement été boulversés et la totalité de l'Allemagne (RFA+RDA) aurait peut être conservé une position sur le podium.

Nous avons trouvé dans le MotoRevue d'avril 1960 la comparaison des productions :France/RFA/RDA pour l'année 1959:

Motos (+de 50cc): France/13.500, RFA/44.000, RDA/87.000.

Scooters (+ de 50cc): France/38.000, RFA/67.000, RDA/30.000.

Cyclomoteurs: France/903 ou 910.000, RFA/406.500 (+247.000 moteurs seuls), RDA/161.200.

Soit pour 1959 un total RFA+RDA, d'environ 800.000 unités (+247.000 moteurs), cela plaçait pour cette, année 1959, l'Allemagne entière en deuxième position derrière la France et ses 954.000 (ou même mieux pour RFA+RDA, si l'on prend en compte les moteurs seuls).

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On ne peut être "très très" complet sans évoquer les chiffres du 21ème siècle..

Par exemple pour 2006, la production mondiale a été de 43 millions de motocycles.

En France où la production est très faible, on importe beaucoup.

La moyenne pour les 125cc et des +125cc  sur la période 2000/2013 est de 150.000 immatriculations annuelles, réparties entre 50.000 /125cc et 100.000 /+de 125cc.

Sur les 150.000 immatriculations 125 et + de 125cc, les leaders sont presque les mêmes qu'en 1971, avec juste l'ordre qui a changer, maintenant c'est Yamaha/Honda/Kawasaki/Suzuki/BMW.

Pour presque tous les chiffres sont 10 fois supérieurs à ceux de 1971, sauf pour Honda qui est dans ces années 2000/2013 aux mêmes chiffres qu'en 1971, à l'époque Honda représentait 50% des immatriculations alors que de nos jours ce n'est plus que 15%!! 

Dans la France de 1955 on était au dessus de ces chiffres avec 280.000 / 125cc (dont 50% de scooters) mais avec seulement 28.000 motos soit 10% du chiffre des 125cc.....Mais ces 308.000 machines de 1955 étaient à 100% made in France!!!

En tête des pays producteurs la Chine: 20 millions, suivit de l'Inde 8,4 millions, de l'indonésie 4,4 millions, du Japon 1,7 millions, de Taïwan 1,4 millions,de la Thailande 1,3 millions....

Il n'y a que des asiatiques dans les grands pays producteurs, pour les productions par marque cela devient l'inconnu, car par exemple, les 4 firmes japonaises produisent elles aussi dans tous ces pays d'Asie, mais on ne sait plus combien...elles ont énormément dé-localisé à tel point que la production du Japon, qui en 1993 était de 3 millions de machines, n'était plus que de 1,7 million en 2006 ( alors qu'elle était de 2,1 million en 1964, 42 ans plus tôt).

La production "Honda 2011" est un bon exemple de la situation japonaise en ce début de 21ème siècle: avec une production Honda de 15,4 millions de motocycles, issue de 70 usines réparties dans 27 pays, la production Honda au Japon n'étant plus en 2011 que de 184.000 machines (soit 1,2% de la production totale de Honda). Vente Honda 2013 = 17 millions dont 2% en Europe

Ainsi Honda produit toute une partie de sa gamme dans son usine taîlandaise: les monocylindres 125 et 250CBR ainsi que les nouvelles bicylindres à double arbres à came en tête: CB500.

Les firmes indiennes sont elles aussi dynamiques, puisque Bajaj ancien licencié Piaggio est maintenant actionnaire à presque 50% de KTM et produit dans ces usines indiennes les monocylindres KTM, avant de produire un jour les plus grosses..... 

La Chine est le nouveau géant de l'industrie motocycliste, après les 20 millions de 2006, nous en sommes à 27,5 millions en 2011, sous 130 marques différentes. La capitale de la moto est la ville chinoise de Chongqinq, on y a produit 10 millions de machines en 2011...

Si l'on fait la liste des 10 premières firmes chinoises, qui toutes produisent plus d'un million de motocycles chacunes, on trouve beaucoup de noms encore inconnus....

Dans l'ordre ou presque : 

Jiamen Dachangjiang / Qingjiang group / Jialing / Lifeng / Loncin / Sundiro / Zongshen / Jianshe Yamaha / Luoyang Beifeng / Jincheng group

 

Nous sommes ici dans un des halls de montage de Zongshen, le n°7 des fabricants chinois.....difficile de rajouter des commentaires face à ce gigantisme.....

MontageChineLD

 

 

Voir aussi nos autres articles sur l'arrivée des 2 leaders japonais en France:

"L'arrivée des motos Honda en France", et un autre chapitre sur les "L'arrivée des petites Honda" 

 Ainsi que : "L'arrivée des Yamaha"

 

 Pour l'évolution en France du marché du 2 roues motorisé, hors cyclomoteur, vous avez sur ce site un tableau intéressant nous donnant le chiffre des immatriculations "neuve" de 1997 à 2013 .

"Statistiques Planetoscope"

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Si vous consultez notre article "Cyclomoteur ou Vélomoteur", vous apprendrez qu'il n'y avait, en France, aucune limite d'âge pour la conduite des 50cc jusqu'en 1957!!!

 

Et si vous consultez cet article: Décrets de 1922 à 1957, vous en aurez la confirmation, avec les textes officiels.

 

Lorsque le ministère de l'intérieur décida à partir de 1951 d'interdire en France toutes compétitions dans les cylindrées de 50cc à 125cc, le syndicat des constructeurs français fut très satisfait.......

Voir cet épisode dans notre article:

"L'interdiction des courses de 50 et 125cc de 1951 à 1957" 

 

Et aussi: "Le cyclo-sport en France de 1959 à 1970"

 

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Voir notre article sur l'épopée de la voiturette allemande qui permit à certains producteurs de motocycles de passer avec succès du marché moto au marché automobile:

"La saga des voiturettes allemandes"

Pour un panorama de la production allemande de 1950, voir notre article:

"Porte de Versailles 1950 le grand retour de Zundapp et BMW"

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Un site à voir impérativement 

" Les Mobylettes du Viet-Nam"

Avec une belle collection de Mobylettes datant de l'époque de l'Indochine française (et un peu après), cela nous permet de voir des Mobylettes produites par la filiale vietnamienne de Motobécane. 

MobyletteVietNam2

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 Origine des documents et informations cités dans cet article.

http://www.motobecane-club-de-france.org/

Revue Technique Motocycliste Août-Septembre 1950

MotoRevue: Octobre 1951, Juillet 1957, Février et Avril 1958, Octobre 1959, Avril et Octobre 1960, Novembre 1964 et Juin 1965

Moto-Journal Octobre 1980

Science et Vie N°Spécial Salon d'octobre 1958 et d'octobre 1960

Das Motorrad Septembre 1962 (publicité Honda)

L'officiel du cycle et du motocycle, plusieurs n° de l'année 1972

Motos d'hier n°76 - Août 2004

Voir aussi nos pages "Peugeot".

Voir aussi "Une histoire Ducati à la mode Zseft"

Voir aussi notre page "Cyclomoteur ou Vélomoteur"

Voir aussi le site Solex Millenium

Voir notre article "La saga des voiturettes allemandes"

 Voir aussi:"Records et performances Sachs 1962 / 63 / 64 et le scandale VAP ..."

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Voir l'ancienne usine Motobécane devenue MBK/YAMAHA de nos jours

MBK2012

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