Du Solex de 1946 à la Mobylette AV89 de 1960
Encore une divagation sur l'histoire de nos 50cc européens et plus particulièrement des 50cc français. Pour commencer un petit retour en arrière sur le panorama d'avant guerre, parmi les 4 leaders européens de l'industrie motocycliste il y avait dans l'ordre: l'Allemagne, l'Angleterre, l'Italie et la France.
Après guerre, les positions vont être très différentes car, parmi ces quatres pays, l'Allemagne et la France se retrouvèrent avec des législations introduisant sur leurs marchés de nouvelles catégories de motocycles avec un point commun "une cylindrée inférieure à 50cc", par commodité malgré leurs 48 ou 49cc, ils seront dénommés "50cc". En Allemagne comme en France l'industrie motocycliste va s'en trouver transformée.
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Au départ un pionnier français
En 1946 un fabriquant de carburateur pour automobile sera le premier à se lancer. Le prototype de cette machine était prêt depuis 1941. Ci dessous le prototype de 1941, présenté sur le stand Solex lors du salon de Paris d'octobre 1960.
L'investissement de départ sera faible avec une cadence de production de 15 VéloSolex par jour. Devant le succès, des moyens importants seront mis en oeuvre progressivement et sans risque, ainsi d'année en année la production va augmenter: 25.000 en 1948, 50.000 en 1950.
Publicité de 1948 avec la première version du VéloSolex, 45cc et 0,4ch à 2.000tr/mn.
Publicité dans le n° de novembre 1950 de "L'Automobile", à signaler que même l'usine Zundapp de Nuremberg était équipée des Micromètres comparateurs pneumatiques Solex. Les 150.000 VeloSolex représentent le cumul de production depuis 1946.
Pour l'année 1953, trois usines auront produit 100.000 VéloSolex, le maximum de production annuelle sera atteint en 1964, cinq usines auront produit 380.000 VéloSolex dans l'année.
En 1953, cette affiche de René Ravo, nous confirme que la clientèle de Solex était à 75% féminine et à 100% sans casque. Le port du casque obligatoire fut fatal au Solex.
Ensuite la production diminuera régulièrement, à partir de 1975 c'est Motobécane qui a repris la fabrication du Solex 3800. Les chiffres resteront aux environs de 200.000 par an, jusqu'à ce qu'en 1980, l'obligation du port du casque en agglomération ruinera définitivement la vente du Solex.
Une publicité de 1964 pour un 3300 toujours hyper-compétitif à 373FF.
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A partir de 1946, la forte progression des chiffres de ventes du VéloSolex alertent les fabriquants traditionnels de motocycles, mais pour se lancer dans une production de masse équivalente, il faut des investissements importants et l'argent est rare au lendemain de la guerre.
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En Allemagne c'est presque comme en France
En Allemagne c'est Kreidler une firme qui débute dans le secteur du 50cc en 1950 en produisant son premier engin, le K50.
Voir notre article: Les 50cc Kreidler Florett prêts pour la course.
Le succès de ce premier Kreidler est un gros problème pour les firmes motocyclistes traditionnelle, qui cherchent à réagir.
Il faudra attendre 1953, pour que deux gros projets démarrent simultanément, avec NSU qui produit son 50cc Quickly ainsi que trois autres firmes Hercules, TWN et Zundapp qui décident d'unir leurs moyens en lançant dans une aventure commune, l'un fournit les moteurs, l'autre fournit les cadres et le troisième fait le montage......Chacun son appellation, sous la marque Zundapp ce sera la première Combinette 400, et chez Hercules ce sera le 213.
Pour cette production en commun cela ne durera que deux ans, après quoi, le moteur Sachs de 50cc étant prêt, Hercules et TWN resteront associés avec un machine commune équipée de ce moteur Sachs. Zundapp de son côté, développera seul sa propre gamme de 50cc.
Pour NSU et son Quickly dès 1953 ce sera un énorme succès.
Au cours de l'année 1954, NSU produira 100.000 Quickly, c'est ainsi qu'avec ses autres modèles, NSU sera pour l'année 1955 le N°1 mondial des producteurs de motocycles (toutes cylindrées) avec une production de 350.000 machines dans cette année.
En 1963 soit moins de 10 ans plus tard, et grâce au succès de ses Prinz sorties fin 1957, NSU renoncera à sa production de motocycles pour se consacrer uniquement à l'automobile, le Quickly sera arreté fin 1965, au total un million de 50 Quickly auront été produits .
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Fin 1949, début de la grande offensive Motobécane
En France, aussi, il faut relever le défi "Solex", et c'est Motobécane, le plus grand constructeur français de motos et de bicyclettes de l'époque, qui va s'organiser pour démarrer seul, fin 1949, une production de masse avec un minimum d'investissement.
Un atelier de montage sera dédié à ce nouveau 50cc, les autres divisions de Motobécane collaboreront, la division bicyclette fournira les cadres, la division moto fournira les moteurs....Et on peut démarrer à 300 Mobylettes par jour
Ainsi, avec les volumes de productions des VéloSolex et des Mobylettes ajoutées au reste de la production motocycliste nationale, l'industrie française du motocycle se retrouva brutalement, en 1954, en position du 1er pays producteur mondial de deux roues motorisés, dire "1er producteur de 50cc" aurait été presque plus juste.
Quelques années plus tard, le succès des 50cc Peugeot, avec la gamme des "BB" confortera encore durablement la position de la France, en tête de ce marché européen du cyclomoteur "bon marché".
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Avec quelques détails: le succès de la Mobylette
Nous vous proposons une visite de l'usine Motobécane et de sa chaîne de fabrication de "Mobylette AV3", faite par la revue RTM, en 1950 lors de la première année de production de ce cyclomoteur (cette 1ère Mobylette avait été présenté au public en octobre 1949).
Nous avons encadré cette visite par quelques photos des machines qui ont précédés et puis suivit cette AV3, avec aussi quelques informations sur la production "moto" de Motobécane.
Dans la catégorie BMA d'avant guerre il y avait le Poney 60cc de Motobécane (Type AG1).
En 1946, pour répondre à la nouvelle réglementation française des cyclomoteurs de 1943, Motobécane avait modifié son BMA d'avant guerre, le Poney, en réduisant sa cylindrée de 60cc à 50cc. Mais pour réussir sur le marché du cyclomoteur d'un pays ruiné, cela ne sera pas la bonne machine....trop chère...
En 1946 il y avait en face de Motobécane, comme nous l'avons vu, la firme Solex qui démarrait avec succès la fabrication de son cyclomoteur "ultra minimaliste", ce VéloSolex qui restera pendant toute la durée de sa commercialisation le cyclomoteur le moins cher du marché français.
Ce Poney 50cc de 1946 était, à part la cylindrée, identique au Poney 60 "BMA"de 1939, démarrage au kick, deux vitesses et pédales.
Comme vous pouvez le constater en 1946 c'est toujours le rationnement et les tickets, puisque dans le bandeau vert supérieur figure "Vendu contre un bon d'achat de Bicyclette", ce n'est pas d'un bon d'achat promotionnelle qu'il s'agit mais d'un "ticket" de rationnement "Bicyclette" qu'il fallait quémander à sa mairie, tout cela se termina durant l'année 1949.
Motobécane avait aussi produit immédiatement après guerre des 125cc 4 temps, cela lui permit de devenir, avec Peugeot et Terrot un des trois poids lourds français de cette nouvelle catégorie des vélomoteurs 125cc qui se conduisait comme les cyclomoteurs 50cc: sans permis (en France jusqu'en 1958).
Pour Motobécane, l'intéret du Poney 50cc 1946, ce fut son moteur. Car en 1949, soit 3 ans plus tard, ce moteur fut adapté sur le cadre d'une bicyclette de la marque. Ainsi motorisée et équipée de gros pneus...cette bicyclette motorisée devenait la Mobylette AV3...
L'objectif visé par Motobécane était clairement le VéloSolex. Depuis 4 ans ce VéloSolex n'avait pas de vrai concurrent, alors, en fixant à 36.422 aFF le prix de la Mobylette AV3 , Motobécane attaque de front le VéloSolex (à 32.500aFF), tout en proposant une machine beaucoup plus efficace.

Photo extraite du dossier "Mobylette AV3" de la revue Motos d'hier.
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A partir de la photo suivante nous sommes dans la visite qu'effectua la revue RTM ("Revue Technique Motocycliste") aux "Ateliers de la Motobécane" à Pantin, pour accompagné son "Etude" de la Mobylette publiée dans le n°31 d'Août/Septembre 1950.
(Plusieurs sites "Motobécane" ont déjà utilisé ce reportage, j'ai hésité en faire de même, mais pour notre clientèle de Zundappistes internationaux je me suis dit que ce reportage et ses photos d'époque était une source d'informations intéressante et qu'il pouvait être réutilisée à nouveau)
A cette occasion la revue nous signalait que la Mobylette, sortie quelques mois plus tôt (en Oct. 1949), avait déjà été produite à 25.000 exemplaires, et que sa cadence de fabrication était à ce moment de 6.000 machines par mois (soit 66.000 par an). Si l'on tient compte des temps de mise en route et d'approvisionement de chaîne, cela nous donne en vitesse de croisière la production d'une Mobylette toutes les 1min 1/2!!....
L'AV3 telle qu'elle sortait des ateliers de Pantin.
La publicité de la Mobylette mettait en avant ses détails particuliers.
Le cadre de la Mobylette, repris d'un modèle de bicyclette Motobécane de 1938, avec quelques pattes supplémentaires pour fixer le moteur.
Le moteur de l'AV3, repris du Poney 50cc, cylindre aluminium chemisé fonte, piston à déflecteur, puissance 0,75ch à 3.500tr/mn, en prise directe (pas d'embrayage, ni de variateur), vitesses 30km/h.
Nous nous retrouvons dans la division "Moto", ici étaient produits les moteurs qui équipaient les "Poney", à présent ils équiperont la Mobylette.
Les deux rectifieuses utilisées pour les soies de vilebrequin, cette opération s'effectue sur les vilebrequins assemblés (que l'on aperçoit sur la table), pour obtenir un alignement parfait.
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Mise en place au balancier, des roulements à billes de vilebrequin, dans les demi-carters.
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Une des chaînes de montage des moteurs. De gauche à droite on monte le cylindre, puis la culasse.
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Quelques uns des 10 bancs de rodage, permettant de faire tourner, simultanément, 60 moteurs en même temps. Chaque banc est équipé d'un moteur électrique qui entraîne 6 moteurs.
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A partir de cette photo, nous sommes dans l'atelier "Mobylette", la fabrication des cadres par la division "Bicyclette" n'a pas été présentée à la revue RTM, cela nous manque....
Ici ce sera la montage final de la Mobylette, les roues sont les seuls composants de la Mobylette qui sont aussi issus de cet atelier, à la vue des postes de montages en bois de ces roues on comprend que l'investissement matériel était faible. Avec les grosses quantités de roues nécessaires, Motobécane n'avait donc pas externalisé cette production hors de l'atelier "Mobylette".
Mise en place du moteur et du pédalier, le pied support est engagé dans le tube de selle.
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Montage du guidon, des gardes boues, des câbles et commandes diverses.
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Rayonnage et centrage des roues (il faut produire 600 roues par jour).
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Finition de la machine, montage des roues, de la chaîne, la courroie et on finit par la selle.
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Une vue partielle du hall de montage des Mobylettes, au premier plan on aperçoit le stock des gardes boue avants, déjà équipés du phare et des tringles, on en consomme 300 par jour.
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Toutes les Mobylettes passent au banc d'essai, on enregistre la puissance développée aux différents régimes, les rares machines qui fournissent pas la puissance voulue sont refusées et leurs moteurs repassent au démontage.
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Ici un banc d'essai destiné aux agents de la marque, avec sous les cadrants le rhéostat qui freine la dynamo.
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Une partie de la salle d'expédition, les Mobylettes sont soigneusement emballées dans un caisson de bois pour être envoyées dans tous les pays du Monde.
Fin du reportage de 1950 et retour à nos commentaires.
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En année 1950 Motobécane n'avait à Pantin qu'une seule chaîne pour cette première version de la Mobylette.
Les autres ateliers de l'usine de Pantin continuaient de fabriquer la gamme des motos "Motobécane" et "Motoconfort". Cela allait de la 125cc latérale D45 à la 350cc R46 (version 350cc de la 500 mono Super Culasse d'avant guerre), soit aux environs de 24.000 motos par an (en 1950).
Avec l'énorme succès de la Mobylette et la multiplication des modèles, Motobécane ne pourra se contenter de la seule usine de Pantin, il faudra une grande usine au futur n°1 mondial du deux roues motorisé.
Ainsi en 1951, commence la construction d'une nouvelle et immense usine entièrement dédiée à la Mobylette, elle est construite à Saint Quentin dans l'Aisne. La construction de cette usine se prolongera durant plusieurs années. (Voir plus loin la situation des usines Motobécane en 1960).
Après ce reportage de 1950 quelques documents des années suivantes
Une publicité pour l'AV3, vue dans le "Science et Vie" d'octobre 1951
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Les évolutions de l'AV3 avec en 1953 les AV31 et AV33, avec une suspension avant et enfin l'embrayage automatique.
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Comme toujours, vous clickez sur les images pour les agrandir
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Avec l'AV 37 la Mobylette adopte, en 1954, les transferts Schnürle et un variateur automatique et trois positions de blocage??? Ce qui était traduit dans cette publicité "3 vitesses à passage automatique".
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Voici une publicité de 1957 pour les plus de 50cc
(En 350cc, c'est maintenant la bicylindre L4C qui a succèdé au mono R46)
Comme vous le constatez, Motobécane indique au bas de ce document:
"La plus forte production mondiale de motocycles"
En effet depuis 1956, avec une production de l'ordre de 339.000 motocycles, la firme Motobécane a repris à NSU le titre de N°1 mondial des producteurs de "motocycles".
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Et voici des chiffres publiés dans les revues d'époque, ils nous informent sur l'évolution de la production française des années 1938 à 1964 (avec encore quelques chiffres manquants).
Production française de1938: Motos: 13.311 et Vélomoteurs (BMA/100cc): 29.500
La France est le 4ème producteur européen avec une production totale de 38.000 machines cela n'est pas étonnant (c'est moins que la production du seul DKW). A ce moment c'est l'Allemagne qui est le premier producteur européen, en 1938 les 3 premiers fabricants allemands étaient DKW (50.000 machines), NSU (30.000) et Zundapp (20.000).
Pour la définition des "BMA" d'avant guerre voir notre article Cyclomoteur ou vélomoteur
Pour information, le chiffre des importations de motocycles étrangers en France était en 1938 de 2.609 machines.
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Production française de1949: Motos 15.408, Vélomoteurs(100 et 125cc): 69.137 , Triporteurs: 1.448 et Scooters: 601 , Cyclomoteurs (50cc): 50.538
On voit les effets de la nouvelle règlementation de 1943 sur la production française, pour les motos c'est stable, par contre les deux nouvelles catégories "Vélomoteur 125" et "Cyclomoteur 50" les chiffres de production sont déjà très importants. Pour les 50.000 cyclomoteurs on peut en attribuer la plus grande partie à Solex (30 à 35.000) et beaucoup moins pour la Mobylette qui n'a été produite que sur quelques mois de 1949.
Pour information, le chiffre des importations de motocycles étrangers en France était en 1949 de 965 machines (de plus de 50cc et aucun moins de 50cc), ce chiffre très bas était du à une forte limitation des importations par l'administration française.
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Production française de1955: Motos 28.289, Vélomoteurs: 151.229, Scooters: 135.657 , Cyclomoteurs:830.375
Soit un total pour 1955 de presque 1.150.000 machines de toutes cylindrées!
Par rapport à 1949, c'est l'explosion des chiffres de la production française, avec une progression dans toutes les catégories: les catégories"Motos"et "Vélomoteur 125" ont presque doublées, la catégorie "scooters" est passée de 601 à 135.657 et c'est surtout la production des "Cyclomoteurs moins de50cc" qui a fait un bon énorme en passant de 50.000 en 1949 à plus de 830.000 six ans plus tard.
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Production française de1956: Motos 16.876, Vélomoteurs: 105.141, Triporteurs: 5.678 et Scooters: 118.293 , Cyclomoteurs: 918.765
Soit un total pour 1956 de presque 1.070.000 machines de toutes cylindrées!
Cette année 1956 est similaire à celle de 1955 avec une production française qui dépasse le million, avec tout de même un chiffre inférieur de 75.000 à la production 1955, cette baisse de 1956 était principalement due à la chute des productions : "Vélomoteur"(-46.000), "Moto"(-11.400) et "Scooters"(- 17.000), la baisse de production de ces trois catégories continuera les années suivantes jusqu'à leur disparition totale au début des années 60.
Pour les 900.000 cyclomoteurs français de 1956 on peut en attribuer la plus grande partie à la Mobylette de Motobécane (aux environs de 294.000) et en deuxième position Solex avec aussi un chiffre conséquent (230.000) et le reste était fourni par Peugeot (75.000), Humblot/ Paloma (37.000), Cazenave (21.500), Rhonson (18.400), Terrot (16.500), Gitane (15.500) et encore plus de 20 fabricants produisant de 13.000 à 400 machines.
A remarquer aussi en 1956 le beau chiffre de la production de scooter avec presque 120.000 machines produites, beau chiffre mais déjà en baisse, comparé aux 135.657 scooter de 1955, ce chiffre de 1956 est du principalement aux Vespa (60.000) et Lambretta (33.000) qui sont montés par des usines françaises (les importations étant fortement taxées), ces scooters souvent en 125cc sont aussi en catégorie "Vélomoteur" donc sans permis (jusqu'en 1958).
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Production française de1957: Motos 10.416, Vélomoteurs: 86.987, Triporteurs: 4.090 et Scooters: 102.082 , Cyclomoteurs: 904.146
Soit un total pour 1957 de presque 1.010.000 machines de toutes cylindrées!
Comparaison entre les productions 1956 et 1957:
Du côté de la production française,des "Cyclomoteurs 50" c'est stable, mais les mesures administratives qui frappent les 2 roues de plus de 50cc commencent à avoir un impact sur les ventes. La production "moto" est passée de 16.876 machines à 10.416, la catégorie "Vélomoteur 100 et 125" a chûté elle aussi de 20.000 unités.
Pour ces 900.000 cyclomoteurs français de 1957, c'est très similaire à 1956, toujours en première position la Mobylette de Motobécane (aux environs de 287.000 "Mobylette") et toujours en deuxième position le VéloSolex (261.000), puis Peugeot (70.000), Humblot/ Paloma (31.500), Terrot (27.000), Automoto (22.700), Rhonson (20.300), Mercier (20.000), Cazenave (17.900), Gitane (15.400) et encore plus de 20 fabricants produisant de 13.000 à 200 machines.
A remarquer aussi en 1957 (comme en 1956) la dégradation de la production des scooters (102.000) due principalement à la chûte de la production des scooters de 125cc, les Vespa 125 "made in France" passent de 55.000 (1956) à 38.000 (1957) et Lambretta 125 passent eux de 31.000 à 24.000.
Bizaremement, en 1957 les versions 150cc de ces scooters sont en progression, chez Vespa/ACMA ils passent de 4.400 en 56 à 6.000 et chez Lambretta/Fenwick ils passent de 2.300 en 56 à 2.700.
Parmi les fabricants de scooter 125cc, il y avait un petit nouveau: Manurhin, qui avait démarré fin 1956 la production du scooter Heinkel en en produisant 1.030 pour cette année 56. Pour la première année "pleine", celle de 1957, Manurhin en produira 13.947.....
Dommage que Manurhin commença sa production du Heinkel en plein effondrement du marché...
La production française de1958 à 1964: la ruine du motocyclisme "made in France"
1958: Motos 6.376, vélomoteurs 6.375 (125cc)+5.500(100cc), scooters 51.668, et cyclomoteurs 920.000.
1959: Motos 2.555, vélomoteurs 2.409 (125cc)+4.236(100cc), scooters 38.612, et cyclomoteurs 950.000.
1964: Motos, vélomoteurs et scooters: 0 machines, Cyclomoteurs: 1.130.000.
A partir de 1958, avec la concurrence de l'automobile et aussi la malveillance persistante des pouvoirs publics français, la production française des motocycles de plus de 50cc (moto, 125cc et scooter) va s'effondrer totalement.
Après une production par les usines françaises de 245.988 machines de plus de 50cc en 1956, la production de 1959 ne sera plus que de 47.812 machines dont une grand partie est due à la production en France des scooters des marques italiennes Vespa et Lambretta, puisque dans ce chiffre des machines "made in France"des plus de 50cc (47.812), il y a 38.612scooter soit 80%!
A rappeler qu'en 1956, 3 ans plus tôt, la production française de scooters (125cc et +) était de 118.293 unités (dont 86.000 Vespa et Lambretta) !!! Soit le triple des 38.612 scooters de la production de 1959!!...
Avec les effets conjugués de l'effondrement des ventes et du démarrage du marché commun les usines "italiennes" n'ont plus lieu d'être, l'usine Fenwick qui fabriquait les Lambretta à Troyes arrêtera sa production fin 1959 et l'usine Vespa de Fourchambault arrêtera sa production fin 1962.
En parallèle l'arrêt complet des fabrications des 125cc chez Motobécane, Peugeot et Terrot, explique les chiffres de 1964 (voir en fin d'article les productions 1964 par pays) avec cette année là une production française de "zéro" / "0" machines de plus de 50cc et de 1.130.000 cyclomoteurs.
Passer d'une production de plus de 315.000 motocycles de plus de 50cc , en 1955, à une production de"zéro"/ "0" en cinq ans! Mission réussie pour l'administration française!
Il en résultera aussi un transfert, de la même quantité de machine, vers le marché des cyclomoteurs, puisque entre 1955 et 1964 la production des cyclomoteurs en France augmentera de 300.000 unités (de 830.575 à 1.130.000), voir en fin d'article le détail des productions de 1964 par pays.
Pour la malveillance des pouvoirs publics français vis à vis de leur propre industrie, voir notre article Cyclomoteur ou vélomoteur.
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Nous reprenons la suite de notre" Solex et Mobylette Story", et quelques années plus tard, nous sommes dans la période 1959/1961,
Pour notre VeloSolex un nouveau concurrent est apparu: le VéloVap, il est équipé d'un embrayage automatique, et est beaucoup plus puissant que le VéloSolex. Comme il est plus rapide le Vap est équipé d'un frein arrière à tambour....
Cette concurrence nouvelle obligea Solex à sortir en 1959 le 1700 équipé lui aussi d'un embrayage automatique. Puis pour améliorer la puissance, Solex sort en 1961 le 2200 et fin 1964 ce sera le 3300 avec un frein arrière à tambour, et ainsi le VéloSolex sera presque l'équivalant du VéloVap.
Cela permettra ainsi à Solex de se rapprocher en 1964 de la barre des 400.000 VéloSolex par an et de se rapprocher des chiffres de production des Mobylettes de Motobécane (voir en fin d'article les productions de 1964 par pays, avec une publicité pour le 3300).
Affiches en provenance du super site
Le VéloVap était un super machine, mais son fabricant la nouvelle société SA VAP fut une étoile filante dans le ciel de l'industrie motocycliste française, créée en 1959 à Hazebrouck par l'association d' ABG/VAP et de LUCER, elle stoppa tout en 1967....
Chez Motobécane c'est l'AV 89 qui est le haut de gamme des Mobylettes
Cette AV89 était au catalogue à 830NFF (en 1960 c'était l'arivée du Nouveau Franc français), elle était au double de la Mobylette premier prix, une variante de l'AV3 qui était encore en vente, l'AV32S à 360NFF.
Avec ses 2,7ch, l'AV 89 aura été une des Mobylettes les plus rapides, car nous sommes ici en octobre 1960 et la vitesse des cyclomoteurs est encore "libre", puisque le bridage des cyclomoteurs ne commencera que le 1er Janvier 1964 ( Voir Cyclomoteur ou vélomoteur).
Dans cet essai de la Mobylette AV89 fait par MotoRevue (en oct.1960) la vitesse maximum obtenue était de 71km/h, ce cyclomoteur était strictement de série, bien entendu.
Voici une publicité d'octobre 1960 pour les deux nouveautés 1961,
l'AV89 à 830NFF et l'AV44 à 472NFF.
Pour plusieurs années ce seront les deux modèles les plus vendus, pour la moins chère, l'AV44, ce sera dans cette configuration, par contre pour la plus chère: l'AV89, ce sera dans sa version avec suspension avant telescopique. (Avec ce lien: Age du bronze, vous avez les AV89 américaines.
Mais il y a toujours, au bas de cette publicité d'octobre 1960, pour les "Mobylette" 1961, le bandeau annonçant:
"La plus forte production mondiale de motocycles"????
En cette fin d'année 1960, c'était presque une publicité mensongère, car bien qu'ils ne soient pas encore présents en France les fabricants japonais produisent en grandes quantités et c'est Honda qui, menant le combat en tête des firmes du soleil levant, a décroché le titre.
Ce titre de N°1, Motobécane l'avait acquis en 1956, et conservé en 1957,1958 et 1959, mais en 1960, le titre sera définitivement perdu....Evidemment, 50 ans plus tard, la critique est facile, mais en octobre 1960 les chiffres des productions de cette année 1960 n'était pas encore conus! Et jusqu'à la fin 1960 ce n'était donc pas une publicité mensongère puisque Motobécane était bien le "World champion" en titre!
C'était Honda....
C'est en 1958 que Honda démarre sa production de vélomoteur avec son premier Super Cub (cylindrée de 50 à 100cc). Une usine est construite à Taïwan pour obtenir les meilleurs coûts.
Dans cette compagne publicitaire de décembre 1959, la toute nouvelle American Honda Motor prodigue des conseils d'achat en désignant le Super Cub comme étant le bon cadeau pour Noël.
L'année 1959 fut très importante pour Honda, alors que la firme japonaise ne vend ses motos qu'au Japon et dans les pays voisins, elle décide de s'implanter au USA. Elle fonde en juin 1959 l'American Honda Motor Compagny.
A la fin de 1959 American Honda n'a que 15 concessionnaire et a vendu moins de 1.800 motos aux USA. Pourtant sa production totale (50cc + motos) a atteint les 288.000 unités.
En poursuivant cette politique commerciale agressive au travers le monde, la production "1960" de Honda fera plus que doubler avec un bond à 654.000 unités, Honda devenant ainsi le nouveau Numéro 1 mondial en lieu et place de Motobécane. Cette position de N°1 mondial sera très solide puisque l'année suivante, en 1961, Honda approchera le million de machines produites.
Après le démarrage de l'usine taïwanaise de SuperCub, ceux ci représentent une proportion importante de la production Honda. Dans le bilan de production totale de 1959 de 288.000 unités il y a 170.000 SuperCub dans celui de 1960 de 654.000 unités il y a 570.000 SuperCub. Pour l'année 1961 la production totale de Honda atteindra 980.625 unités, dans ce chiffre je ne connait pas la part exacte des SuperCub (aux environ des 700.000), mais le maximum de production annuelle de SuperCub sera atteint en 1963 avec 900.000 SuperCub.
En 1964, suite de l'expension japonaise, Honda était depuis 1960 le premier producteur de motocycles (toutes cylindrées) , mais en 1964 Honda est maintenant bien implanté en Europe et aux USA. Et aux USA la firme japonaise détient à ce moment 62% du marché, cela lui permet de décrocher aussi l'autre titre, celui de N°1 de la production de "Motos" que détenait jusque là le groupe BSA/Triumph.
Pendant de très longues années ces 2 titres (Toutes Cylindrées et Motos) resteront la propriété de Honda.....
Voir-> L'arrivée des Honda en France
et les petites Honda des années 60
En France le C100/50cc était en 1965 à 1.390FF, mais sans les pédales qui étaient encore obligatoires en 1965, il ne pouvait être homologué dans la catégorie cyclomoteur, et de ce fait il était très difficile à vendre.
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Retour en France
Situation de Motobécane en 1960
En 1960 l'ensemble des moyens de production de Motobécane occupe une surface d'environ 90.000m2, soit 35.000m2 à Pantin et 55.000m2 à St Quentin. L'effectif était de 3.000 personnes réparties, moitié à Pantin et moitié à St Quentin.
A Pantin on fabriquait la gamme des plus de 50cc, cette gamme était presque identique à la publicité de 1957, avec en plus les très belles 125 et 175 Spéciales sorties en 1958. Mais les ventes sont très faibles et les fabrications vont s'arrêter progressivement, la D45 et la 350 L4C en 1961, puis les Spéciales 125 et 175 Z en 1964. (En 1969, soit 5 ans plus tard avec un twin 125cc deux temps, Motobécane reviendra sur ce marché).
Du côté des prix des +de 50cc de 1960, on avait la D45 latérales à 1.222NFF, la ZS "Spéciale 125" à 1.863NFF, la ZS"Spéciale 175" à 2.145NFF et pour finir la 350L4C à 2.865NFF.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas ces dernières "4 temps" Sport, made in France, voici la ZS Spéciale en version 125cc, identique à la 175cc, elle fut disponible à la vente jusqu'en 1964, mais les ventes furent très faibles et de nombreuses Spéciales actuelles ne sont que des reconstructions faites à partir de ZS normales.
Le prix manuscrit à 199.800 + taxes, situe cette publicité après 1960.
Pour voir d'autres publicités : http://www.motobecane-club-de-france.org/
On revient à notre Mobylette "1960":
Les moteurs de Mobylette étaient produits à Pantin avant d'être expédiés à Saint Quentin où le montage des Mobylettes s'effectuait sur 5 chaînes, le rythme de chacune de ces chaînes devait être approximativement le même que celui de la première chaîne de Pantin.
Ce qui donnait 5 "Mobylettes" (une par chaîne) toutes le 1mn1/2, soit une "Mobylette" toutes les 20s!! Soit une capacité maximum de 30.000 Mobylettes par mois et de 330.000 par an.
En dix ans, de 1950 à 1960, Motobécane avait produit 2.600.000 Mobylettes, soit une moyenne de 260.000/an. Les capacités de production ayant variées d'environ 66.000/an en 1950 à environ 330.000/an en 1960, ces chiffres sont cohérents avec le cumul.
A cette production française s'ajoute celle des "licenciés" Motobécane, en Hollande, Espagne, Danemark et Sud-Vietnam.
L'usine de Saint Quentin comptera jusqu'à 4.200 employés (en 1975), à partir de 1978 l'effectif diminuera continuellement jusqu'à atteindre aujourd'hui avec Yamaha 700 personnes (en 2010).
Voilà....,c'était la très grande époque de l'industrie française.
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Quelques grandes dates de la production motocycliste
1950: Avec une production annuelle qui progressera de plus de 100.000 cyclomoteurs à pédales à plus d'un million au cours des années 60, l'industrie française sera leader pendant 20 ans du secteur du "moped" bon marché.
1951: Avec l'achat de Triumph par BSA, la nouveau groupe ainsi formé devient le N°1 mondiale de la production "moto" (hors petite cylindrée) avec une production annuelle de 75.000 motos.
1954: La firme allemande NSU devient avec le succès de toute sa gamme, le N°1 mondial (machines de toutes cylindrées) avec une production annuelle de 340.000 machines. Gamme très riche avec les 50 Quickly, 50 Quick, 100 Fox, 200/250 Lux / SuperLux, 250 Max et SuperMax, 350 et 500 Konsul ainsi que son scooter (licence Lambretta, remplacé par le Prima en 56).
1956: La société française Motobécane reprend à NSU le titre de N°1 de la production mondiale (toutes cylindrées) avec une production annuelle de près de 339.000 machines. Le total de la production française de motocycles étant cette année 1956 de 1.070.000 machines (dont 920.000 cyclomoteurs). A l'ombre de Motobécane, la firme Solex sera pendant plusieurs années le N°2 mondial.
1960: Avec une production annuelle de 654.000 machines (puis 980.625 en 1961), le japonais Honda reprend à Motobécane le titre de N°1 de la production mondiale (toutes cylindrées), titre que Motobécane détenait depuis 1956. Motobécane restera encore pour quelques années le n°2 mondial en compagnie du n°3 mondial, la firme Solex.
1964: Le japonais Honda reprend au groupe BSA/Triumph le titre de N°1 de la production "moto" (hors petite cylindrée). Titre de que le groupe BSA/Triumph détenait depuis sa création en 1951.
Années 60 et 70: La France avec son trio: Motobécane, Solex, Peugeot, et une production voisine du million de machines, restera aux cours de ces années le 2ème pays producteur de motocycle derrière le Japon, puis les années 80 seront fatales à toutes les industries européennes, comme à l'industrie française.
Avec l'ouverture des frontières, le coût de la main d'oeuvre européenne n'est plus compétitif....on ferme les dernières usines et on se dirige vers les bureaux du chômage.
Après la vague de faillite de la fin des années 50 celle du milieu des années 80 termine le travail, et maintenant avec l'indemnité de chômage on peut s'acheter un scooter chinois. Un grand merci aux administrations et aux politiciens français pour leur parfait pouvoir destructeur....
Revoir le discours du Dr Neumeyer à la Presse française, le PDG de Zundapp qualifiait, début 1969, l'industrie française du motocycle de n°2 mondiale derrière la 1ère, l'industrie japonaise. -> Zundapp et Gottfried.
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Pour être "très" complet encore des chiffres, ici ceux de 1964 par pays
L'ordre des leaders n'est plus celui de l'après guerre, en ne prenant pas en compte les pays communistes, le nouvel ordre est maintenant : N°1 Japon, N°2 France, N°3 Italie.
Nous sommes au beau milieu de la grande époque du cyclomoteur "à la française", ces chiffres sont ceux de la production motocycliste de 1964 ( 50cc + motos) ils sont révélateurs de la chute des ventes des motos et du succès des 50cc. Le classement d'avant guerre est quasiment inversé...
L'Angleterre avec ses premières grosses pertes de part de marché en Europe et surtout aux USA, la production anglaise est descendue à 140.000 machines, et le pire était encore à venir.
En Allemagne non communiste (RFA): En 1963 Zundapp avait totalement arrêté ses fabrications de motos. Depuis 1958, ces fabrications de motos avaient continué à Munich après la fermeture de Nuremberg. Ainsi à partir de 1963 Zundapp ne produira plus que des 50cc (et des dérivés: 75cc puis 100cc ultérieurement) , cette même année 1963, NSU cesse ses fabrications de motocyles (fin 1965 pour les 50cc).
NSU après avoir vendu sa division automobile à Fiat (fin des années 20), avait avec la Prinz (sortie fin 1957) raccroché avec succès le marché automobile. Plus tard NSU sera absorbé par Audi (1969).
Alors que la firme NSU avait été le N°1 mondial en produisant à elle seule 340.000 machines en 1954, en 1964 soit 10 ans plus tard la totalité de la production de l'Allemagne de l'ouest (RFA) est de seulement 240.000 motocycles, qui se répartissait entre 160.000 cyclomoteurs et 80.000 kleinkraftrads (50cc non limités) et motos (la production 1964 de Zundapp était de 70.000 machines, répartie dans les 3 catégories, cyclomoteur/kleinKraftrad/moto).
L'Italie, ne connaîtra pas le reflux du marché européen de la moto des années 60, car, comme le Japon, elle exportait avec succès une partie importante de sa production aux USA, elle aura ainsi produit en 1964: 650.000 motocycles.
(Voir le cas de Ducati-> Une histoire Ducati à la mode Zseft)
Parmi les pays qui, comme le France, ne produisent que des 50cc, il y a la Belgique avec 70.000 machines, les Pays-Bas avec 175.000 machines.
La France, avec une production de 1.130.000 machines est le n°2 mondial derrière le Japon, mais restera encore quelques années le n°1 de son secteur: le cyclomoteur à pédales sans vitesses
La production totale de cette année 1964 (1.130.000) est pour la France légèrement supérieure à celle de 1956 (1.070.000), mais maintenant la répartition est totalement différente, les 1.130.000 machines de 1964 sont des cyclomoteurs, ils se distribuent approximativement ainsi:
Une production très proche pour Motobécane et Solex de l'ordre de 400.000 et 380.000 machines, en troisième position le regroupement Peugeot/Terrot, avec aux environs de 150.000.
En quatrième position un nouvel acteur avec pour lui aussi un nombre important de cyclomoteurs produits, c'était la nouvelle société SA VAP (association d'ABG/VAP et de Lucer), qui depuis 1959 marche fort dans sa toute nouvelle usine d'Hazebrouck, dès que possible le chiffre exact de cette production 1964 sera indiquée, pour l'année 1962 il se situait à 60.000 cyclomoteurs, le chiffre de 1964 dévait être similaire. En 1967 la SA VAP arrêtera toute production...
En cinquième position, une production encore conséquente pour une nouvelle association de producteurs qui essayent de limiter la casse, celle de deux autres fabricants français: Cazenave et Paloma avec un chiffre proche des 30.000 unités, en 1956 Paloma produisait seul 37.000 unités et Cazenave 21.500.
Et le reste pour les quelques fabricants qui vont bientôt disparaitre...Captivante, Tendil, etc pour atteindre les 1.130.000 cyclomoteurs..
Ci-dessous une publicité de 1964 pour le nouveau 3300 enfin équipé d'un frein arrière à tambour, et autour de ce bolide il y a la très chic clientèle du VéloSolex. Hélas en 1980 cette clientèle disparaitra totalement après l'obligation du port du casque.
Les parts des Motos (plus de 125cc) et des Vélomoteurs (125cc), ainsi que celles des scooters et des petits fabricants, qui composaient le bilans 1956, ont totalement disparues. Il ne reste en 1964 quasiment que les cyclomoteurs de 5 grands fabricants: Motobécane, Solex et Peugeot, SA VAP et Cazenave (qui avait repris Paloma à la fin de 1963). Pour Peugeot, c'est le succès de sa gamme des "BB" qui avait enfin fait décoller les ventes à la fin des année 50 (Voir notre page Peugeot).
Avec ces 2 publicités de 1957, nous avons à gauche le BIMA à galet qui était en fin de vie après n'avoir jamais eu un grand succès, et à droite le premier de la série des BB qui permettra enfin à Peugeot de figurer sur le podium.
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N'oublions pas le n°1 de l'époque: le Japon, la production totale de 1964 est de 2.100.000 motocycles, mais ce chiffre ne donne pas le total de la production des firmes japonaises. Honda, par exemple, produisait depuis 1960 un fort pourcentage de ses Super Cub dans son usine de Taîwan (pour un total annuel 1964 d'environ 900.000 Super Cub), ces machines "Made in Taïwan" n'étaient pas comptabilisées dans la production du Japon.
L'ordre des leaders de 1964 n'est plus celui de l'après guerre, en ne prenant en compte que les pays capitalistes, le nouvel ordre mondial est maintenant Japon, France, Italie.
Si l'on se rappelle l'ordre de 1938, encore d'actualité aux débuts des années 50, qui était: Allemagne (entière), l'Angleterre, l'Italie, on constate qu'en 1964 seule l'Italie avec conservé sa place sur le podium.
Les pays communistes de l'Est ne figuraient pas dans ces statistiques, pourtant ils auraient pu les perturber par leur dynamisme, car l'Allemagne de l'est (RDA), la Tchécoslovaquie et la Hongrie étaient d'importants producteurs de motos, sans oublier l'URSS qui devait produire à elle seule entre 500.000 et 600.000 grosses et moyennes cylindrées.
Nota: Si la production de la partie communiste de l'Allemagne (RDA) avait été connue et ajoutée à la production de l'Allemagne capitaliste (RFA) les classements précédents aurait surement été boulversés et la totalité de l'Allemagne (RFA+RDA) aurait peut être conservé sa position de leader durant les années 60 et 70.
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On ne peut être "très très" complet sans évoquer les chiffres du 21ème siècle..
Par exemple pour 2006, la production mondiale a été de 43 millions de motocycles.
En tête la Chine: 20 millions, suivit de l'Inde 8,4 millions, de l'indonésie 4,4 millions, du Japon 1,7 millions, de Taïwan 1,4 millions,de la Thailande 1,3 millions....
Il n'y a que des asiatiques dans les grands pays producteurs, pour les productions par marque cela devient l'inconnu, car par exemple, les 4 firmes japonaises produisent elles aussi dans tous ces pays d'Asie, mais on ne sait plus combien...elles ont énormément dé-localisé à tel point que la production du Japon, qui en 1993 était de 3 millions de machines, n'était plus que de 1,7 million en 2006 ( alors qu'elle était de 2,1 million en 1964, 42 ans plus tôt).
La Chine est le nouveau géant de l'industrie motocycliste, après les 20 millions de 2006, nous en sommes à 27,5 millions en 2011, sous 130 marques différentes. La capitale de la moto est la ville chinoise de Chongqinq, on y a produit 10 millions de machines en 2011...
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Origine des documents et informations cités dans cet article.
http://www.motobecane-club-de-france.org/
Revue Technique Motocycliste Août-Septembre 1950
MotoRevue: Juillet 1957, Février 1958, Octobre 1960, Novembre 1964 et Juin 1965
Science et Vie N°Spécial Salon d'octobre 1958 et d'octobre 1960
Das Motorrad Septembre 1962 (publicité Honda)
Motos d'hier n°76 - Août 2004
Voir aussi notre page Peugeot.
Voir aussi "Une histoire Ducati à la mode Zseft"
Voir aussi notre page Cyclomoteur ou Vélomoteur
Voir aussi le site Solex Millenium
Commentaires sur Du Solex de 1946 à la Mobylette AV89 de 1960
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