40 ans avant le "Dakar" un 50cc Zundapp traversait la Cordilière, avec un départ de New-York.

Voilà une histoire vraie qui pourrait nous sembler totalement irréelle aujourd'hui, mais dans ces années 70, malgré la guerre froide en cours et peut être à cause de cette guerre froide, le monde était d’une assez grande sûreté, on pouvait même très jeunes et sans difficulté rejoindre les Indes par la route, traverser l’Afrique du nord au sud par la route.

Dans un article qu’avait publié Moto Journal en février 1975 (trouvaille de Patrice), voici deux très jeunes garçons (environ 18 ans ou moins??) qui, peut être, avant de partir au service militaire décidèrent de voyager pendant plus d'un an à la découverte des 3 Amériques…..

 

MotoJournCouverture

 

Leurs montures …. Deux motocycles très différents un 50cc Zundapp et une Yamaha 250 ou 350 (ce n’est pas précisé), très rapidement la « grosse » japonaise sera hors service et seul le petit 50cc allemand permettra à nos deux jeunes français d’effectuer ce gigantesque périple.

L’article de Moto Journal est un peu long, beaucoup de nos visiteurs ne le liront pas alors pour ceux-ci j’ai fait un petit résumé qui, je l'espère, leur donnera l'envie de lire l'article complet.

 

TrajetAmeriques

Cela démarre le 22 février 1973, en pleine grève de aiguilleurs du ciel Joël et Jeannot embarque depuis Paris direction New-York avec les machines en soute. Après New-York c’est en toute illégalité (pour le cyclomoteur sans plaque) qu'ils empruntent l’autoroute "US95" direction Miami.
Après le New-Jersey, nos deux "deux temps" traversent le Delaware puis le Maryland, la Virginie, les deux Carolines, la Georgie , et enfin l’US95 longe la côte de Floride et après cinq jours d’autoroute, depuis New-York, nos motards sont le 1er Mars 1973 à Daytona pour les courses après avoir parcouru 2.000km……

Daytona

Après deux semaines passées au paradis de la moto américaine, c’est direction l’Amérique Centrale en longeant le Golfe du Mexique avec l’US10, la Louisiane avec la Nouvelle Orléans, Baton Rouge (voir le détails dans le texte) puis une pause d’un mois à Lake Charles chez l’habitant. Ensuite la traversée du Texas se fera très vite car les visas sont presque périmés, Joel et Jeannot risquaient la prison s'ils n'étaient pas rapidement au Mexique.

ZunGalveston

Hélas pour l’épisode de la traversée de l’Amérique Centrale, Moto Journal l’a totalement zappé, même chose pour les premiers pays traversés en Amérique du Sud : la Colombie et le Pérou ainsi on se retrouve directement au sud du Pérou.

DesertPerouSud


Au sud du Pérou, le récit reprend, on s’aperçoit que la Yamaha n’a pu arriver jusque là, on ne sait pas ce qui lui est arrivé….Dans ce même sud du Pérou le Zundapp a été volé, les voleurs ont ensuite roulé à l’essence pure (sans huile), lorsque le 50cc est enfin récupéré le moteur du Zun était totalement serré, avec le segment est cassé, piston et cylindre abîmés. Le Zun est rafistolé et ne marche pas fort, alors seul Joël et les bagages font la route, pour Jeannot c’est le bus et l’auto-stop au travers des Andes boliviennes. Les pièces neuves du Zundapp (changement piston+cylindre) seront reçues à La Paz /Bolivie, ici comme aux US, la population est très accueillante…….

JeanEtSinge

Sur ces deux photos nous avons Joël et Jeannot en compagnie de Benito un petit singe qui a été leur compagnon de voyage, nous n'avons pas de précision sur leur âge, mais ces deux photos nous confirment qu'ils étaient très jeunes.

JoelEtSonSinge

Après les Andes et la Bolivie ce sera l’Argentine, le retour à la civilisation occidentale et les routes bitumées. En Argentine sur une belle route ce sera une grosse chute, heureusement la population sera là aussi très accueillante, seul point noir et cela n’est pas étonnant..…les fonctionnaires français de l’ambassade, exécrables……..comme il se doit...

(L'attitude des fonctionnaires français contraindra nos 2 globe-trotters à être deux jours sans manger et à mendier)

 

RIO

 

Puis l’Uruguay et encore un long trajet au travers du Brésil pour atteindre Rio de Janeiro, de là un bateau ramènera nos deux compères en France après un périple de 13 mois……Pour plus de détails…lire l’article original….

Si quelqu'un pouvait nous mettre sur la piste de Joël et Jeannot....Merci

En cette année 2013 ils doivent être agés d'environ 60 ans.

...................

Dans l'article il n'y a aucune information précise sur le type de Yamaha ni sur le type exact de 50cc Zundapp, avec l'examen des photos nous avons cherché la "vérité", nous avons compris que la Yamaha était un bicylindre type 250 ou 350 RD, pour le Zundapp bien que ce soit officiellement un "cyclomoteur" non immatriculé en France.

Il nous semble qu'il pourrait s'agir d'un KS50 (MTL) déguisé en cyclomoteur puisque il nous est dit que la puissance de ce 50cc est de 5,3ch au lieu des 2,8ch des "vrais" cyclomoteurs Zundapp. Lorsque l'on voit les moyennes tenues sur les autoroutes américaines en compagnie de la "grosse" Yam, cela ne peut-être un cyclomoteur C50 bridé (à 50km/h à cette époque).

KS50Amerique

Ce pourrait être celui ci, ce dont nous sommes certain c'est que ce KS50 à été commercialisé en France, puisque le frère de Patrice en avait un. Ci dessous le même KS50 extrait de la publicité française.

KS50France_Amerique

En examinant de très près les photos, le cylindre semble ne pas être un petit cylindre et être sans turbine. Le frein pourrait bien être un frein de gros diamètre (150mm). Le réservoir est bien le gros modèle de type "buffle" des années 68/69 soit il était d'origine soit il a été choisi pour sa grande capacité et le guidon a été changé pour un guidon type "cross" avec barre de renfort.

(Après consultation, Doktor Zündapp est de notre avis)

rioFourcheKS50-2

ZunReservBuffle

 

.......................

 

Voici le texte intégral publié par Moto Journal /N°207/20 Février 1975

 

TitreArticle

 

LE VOYAGE 


Les aiguilleurs du ciel sont en grève et. jusqu'au dernier moment, on ne saura pas si notre vol est maintenu. Nous sommes le 22 février 1973. C'est la panique complète à l'aéroport et on va d'un guichet à l'autre trimballant nos bagages (20 kgs/personne). Cinq crises nerveuses plus tard, on est assis dans les sièges moelleux d'un super-boeing 747 ne sachant toujours pas s'il ya eu assez de place dans les soutes pour les pétoires (du fait des grèves).
Après huit heures de sandwichs, musique, ciné­ma, boisson, re-bouffe, on arrive à Kennedy Airport. Nous aurons fait environ 6.000 km en huit heures moyenne que l'on n'égalera jamais. New York, d'avion, fait peur pour un petit européen; c'est tellement immense qu'on appré­hende d'y rentrer.
Les formalités sont rapides et on obtient un visa de deux mois avec nos 1.200 dollars. Les premiers contacts des prix américains confir­ment nos soupçons: 1 dollar au porteur - 2 sandwichs, 2 colas = 3,3 dollars.


Il faut attendre demain pour récupérer les motos. En attendant, on apprend que les assurances sont très chères: 800 dollars pour deux mois et qu'il me faudra passer un permis américain pour le 50cc non-immatriculé et perdre une semaine à faire les papiers dans New York. Il ne reste plus qu'à dormir une fois de plus sur les sièges de l'aéroport, mais cette fois sur le continent américain (on n'a pas mieux dormi).


Attention aux autoroutes


Les bêtes sont là, et seule la caisse du Zundapp a été un peu abîmée dans le transport. La mentalité des gens a changé: les gars du fret nous font les pleins gratuits!
Nous prenons la direction du centre, nous nous perdons dans ces quartiers sales et sombres où il y a des trous assez gros pour y laisser une jante.

Un petit tour dans Manhattan, la circulation est danse - les Ricains conduisent comme des manches (70% des voitures le prouvent). La 5ème avenue, l'Empire State Building et il fait déjà nuit.
Malgré le froid et la fatique, on décide de quitter tout ça, car il y a trois jours qu'on est sur les nerfs.

A neuf heures du soir dans New York, n'essayez pas de demander votre chemin à un passant: s'il ne vous donne pas un coup de parapluie, il se sauvera.


Voici enfin l'U.S. 95: c'est une belle six voies où les motos sont interdites: ça fera 3,5 dollars dans les caisses des U.SA On arrive enfin à camper à trois heures du matin: il fait froid et le moral en a ramassé un coup.

 

 

2.000 km en 5 jours


Le New Jersey, Delaware et Maryland sont vite passés, il fait assez froid (- 5° C) et les arrêts sont assez fréquents. Les autoroutes sont limi­tées à 110 km/h et interdites aux motos de moins de 15ch. Notre 50cc est un peu en dessous de la moyenne (5,3ch) mais il paraît déjà 125cc, alors avec la caisse et les bagages ...
La Virginie ne rompt pas la monotonie du paysage. La vitesse de croisière est celle du régime maxi pour le Zundapp 90 km/h.


Dans la traversée de Richmond, premier arrêt par les flics: pas de plaque, pas de permis pour le 50cc.
- Où allez-vous?
- Au Sud.
- Alors, tirez-vous tout de suite de mon secteur
et c'est O.K.


On arrive à bien manger pour 1,5 dollar dans les "Truck Stop» (routiers). Le froid est toujours avec nous en Caroline du Nord et du Sud, De temps en temps, on quitte l'autoroute super­droite à perte de vue. Là, c'est très calme et les maisons basses sont assez jolies: celles des Noirs sont tout autre chose, Maintenant, le climat s'adoucit au fur et à mesure qu'on descend au Sud. Les bécanes marchent bien et on a fait entre 350 et 500 km par jour.


L'Américain moyen, lui, roule très décontracté: toujours le sandwich et le coca, D'ailleurs, il mange sans arrêt et les Macdonald's - Burger Chief - Kentucky friend chicken ne désemplis­sent pas.
La Géorgie, c'est les Landes françaises à l'échel­le américaine. On commence aussi à voir des superrnotels avec piscine, air conditionné, pal­miers.


A 30 km de Jacksonville en Floride, on plante la tente, faisons la popote. Arrivent les flics et leurs folklore: sirène, puissante torche électrique braquée dans les yeux, on sort: ils nous fouillent.
Le camping sauvage aux Etats-Unis pose des problèmes: si vous campez perdu dans un coin, personne ne vous dira rien, mais vous risquez de vous faire attaquer, Si vous campez près d'une ville, les gens prennent peur et appellent la police. Le cercle vicieux quoi!


Cette fois, il faut déménager. Il est 11 heures du soir et on se recouche à 4 h 1/2 du matin, et c'est la même chanson, mais cette fois le refrain est : "Si tu ne pars pas, c'est la prison".

 
En Floride, pour la sécurité, les motos doivent rouler en code même de jour. Enfin, voici Daytona Beach et son éternel soleil. On est le 1er mars et on a le temps de se reposer avant les courses.

 

Deux semaines au paradis de la moto


Daytona Beach; une ville à l'échelle américaine, de grandes avenues bordées de palmiers, de superbes maisons à air conditionné avec télévi­sion trente-sept chaînes, relief et couleur grâce au nouveau bismuteur rotatif synchronisé avec le mélangeur de crème chantilly.
Les 30 km de plage de sable fin servent aussi de route pour se promener en voiture ou en moto. C'est très agréable de se baigner (sans se faire écraser) au mois de mars en pensant aux petits copains de l'autre côté.


Au camping du circuit (gratuit) arrivent tous les jours camionnettes, motos de course, choppers d'un peu de tous les Etats,
En ville aussi, beaucoup de motos. Le soir particulièrement dans la rue principale, on peut admirer beaucoup de cnoppers très divers, très jolis et surtout préparés avec beaucoup de soins et d'amour, que ce soit des 3 roues à moteurVW, Chevrolet où des 2 roues avec des Honda 4 Harley Triumph (la majorité). Ils ont tous coûtés une petite fortune et de nombreuses heures de préparation, Ils sont tous venus sur des remor­ques ou dans des camionnettes pour le concours du plus beau choppers.
Du côté du «speedway -, chaque usine se prèpare aux 200 miles. On fait les derniers chronos, les ultimes réglages, les changements de pneu ou de moteur (!!!(. Maintenant, on peut rentrer librement et gratuitement sur le circuit grâce à "Moto-Journal" qui nous a prêté deux passes.


C'est très sympas de leur part car ils n'avaient rien à gagner avec nous, Daytona, c'est avant tout une ambiance géniale; l'enduro des Aligato­res, le cross (il y a de la gamelle au cm2), le dirt-track -les 100 miles juniors et experts- le samedi, donnent un avant-goüt des 200 Miles.

Même les 76 Miles novice ne rigolent pas (le premier tournait en 4" de moins que Bourgeois). Chaque départ: imaginez un seul câble d'accélé­rateur branché sur trente moteurs qui démarrent, passent leurs vitesses ensemble.
Le dirt-track aussi laisse une impression inou­bliable. La première fois qu'on voit çà, on vole le sac de pop corns du monsieur d'à côté, on met une claque dans le dos à celui qui est devant. On se dit "Le pauvre type va se répandre lamenta­blement, son câble d'accélérateur s'est coincé". Eh bien! non, ça passe et faut voir comment. Seuls des journalistes beaucoup plus qualifiés que moi peuvent expliquer ces sensations,


On dormira mal cette nuit du 10 au 11 mars, et on sera réveillé de trés bonne heure de peur de manquer le départ (à 13 h). Avec un peu de "demerd" que chacun a toujours sur soi, on rentre à l'intérieur du circuit, et là on est au premier plan, Ce sera un pied super, mais aussi dangereux (les Kawa de Duhamel et Beauman sont tombées à 10 m de nos bottes).

Je pense que l'on ne peut pas comparer Daytona avec un grand prix, faut le voir pour y croire. Puis, comme après une représentation de cirque, tout le monde "go home", le camping se vide (il fermera le lendemain), et la ville redevient la fameuse station balnéaire. 

A notre tour, on range notre matériel et nous' reprenons la route. Nous allons visiter Disney World avec des Los Amigotiers (??). Une petite merveille électronique qui a coûté 900 milliards de dollars. On part dans un monorai! suspendu. Là, dans ce monde merveilleux. on peut se croire dans une capsule Apollo, un sous-marin, faire le tour du monde des marionnettes en bateau (le tout sous terre) faire le tour de Disney World en petit train (attaqué par les Indiens et tout et tout) visiter une forêt si bien réalisée qu'on s'y croirait, faire du bateau à roue.

J'en passe volontaire­ment, mais c'est vraiment un petit monde entier. Les Américains sont avant tout de grands enfants.
La Yam commence à avoir des problèmes d'engorgement, de bougies et de batterie, pour le Zundapp on retend la chaine, la première fois en 2.700 km!) et réglons l'écartement des vis patinées.

Après ces deux semaines de vacances, la fritte pour bouffer du kilomètre n'y est pas, surtout quand vous passez à côte des plages comme Palm Beach, Cocoa Beach, Long Beach. Certains jours, on ne fera que 10 km, le reste de la journée au soleil et dans l'eau.

 
Toujours sous le soleil, Miami nous a dèçu car c'est avant tout une exposition de fortunes, de millionnaires aux brioches rebondies,
Il parait qu'à Miami, il ya trois femmes pour un homme, mais ne plaquez pas tout pour Miami, ça ne vaut pas la peine.


Encore des problèmes de camping (un camp­-ground coûte de 1 à 8 dollars) où cette fois la police épluchera tous nos papiers et demande même au centre de Houston (Texas) si on n'a pas de casier.

Par contre. il ne veulent pas laisser repartir le Zundapp; il ne reste plus qu'à acheter une plaque de Floride (8.25 douars) sous peine de confiscation, de prison et d'une amende très au-dessus de nos moyens, La Yam tourne sur un cylindre et rares sont les jours où on ne bricole pas.

On prend la 41 qui traverse le Sud de la Floride, Le paysage change' des marais C'est là que sont parqués les Indiens qui vivent miséra­blement. D'ailleurs, la visite de leur bidonville est assez déconseillée au touriste.


Fallait y penser


On passe Tampa, Tallahasee (capitale de la Floride) puis c'est les petites routes fleuries d'Alabam. On roule maintenant vers New Orleans ou on compte travailler un peu.

Comme à l'entrée de tous les grands centres américains. il ya d'immenses échangeurs. Jeannot qui voulait faire la meilleure blague du voyage au petit copain, prend à droite alors que j'étais déjà engagé dans la circulation de gauche. Alors on a tourné sur l'échangeur, chacun de son côté. N'ayant pas un sou. presque plus d'essen­ce. pas un outil et pas de tente, il a fallu employer le plan urgence.

On avait prévu, avant de partir, que si un jour on se perdait : de retourner à l'endroit exact où l'on avait dormi la veille.

Je pense que c'est un système qui fonctionne dans tous les cas, Il faut mieux revenir 200 km en arrière que de ne plus se retrouver. Le pire, c'est que ça a réussi. Du coup, on est passé très rapidement (la deuxième fois) dans New Orleans. Au nord de cette ville se trouve le lac Ponchar­train. C'est là qu'il y a le plus grand pont du monde qui fait... 38 km. (traversée 1 dollar). On décide d'aller jusqu'à Bâton Rouge, en suivant le Mississippi (c'est pas dur à écrire, il faut tout doubler).

Trois jours de suite, la pluie ne nous a pas lâchée, ce qui a un peu gâché notre plaisir. Camper sur les bords du Mississippi River est assez pittoresque, mais quand les eaux boueuses montent et qu'il ya 15 cm d'eau dans la tente, ça ne devient plus drôle. Comme dans toutes les catastrophes, on gueule, on se traite de cons, on essaye de sauver le dernier mouchoir sec, puis après on en rit et on s'éclabousse.

 

Lake Charles:
un mois à l'américaine

 

 


On voudrait retravailler un peu, car quand on reviendra du Mexique, il faudra encore faire voir des dollars pour le visa.
A La Fayette, en Louisiane, il faudra changer les vis platinées et régler la Yam, ce qui n'arrange pas nos finances.
Lake Charles: on devait s'y arrêter pour camper, il pleuvait et on s'est retrouvés logés dans la maison du prêtre Joe, garçon sensationnel qui sait vous mettre à l'aise et même dans la pire des situations, vous pourrez compter sur lui: il aime les gens ct tous les gens l'aiment.

Il nous trouve un petit job: gratter et laver des maisons en bois pour les repeindre (1,5 dollar/heure). Il y a aussi tout un groupe de garçons et de filles, et là, pendant un mois, on a passé du bon temps. Il a fallu quitter la maison du prêtre pour celle d'une famille très accueillante. Aux Etats-Unis, il est assez difficile de s'intégrer à un milieu, mais une fois qu'on y est, c'est formidable.

Pour la dernière semaine, on logeait chez un milliardaire que l'on avait jamais vu et qui nous faisait entièrement confiance (trouve-t-on ça en Fran­ce ?). Presque chaque soir, un petit coup de fil (il faut de 2 à 8 jours pour avoir le téléphone, l'abonnement coûte 6 dollars par mois pour un nombre illimite de coups de téléphone) et une voiture passait nous chercher pour aller au Cinema, faire du patin à roulette ou à glace, en boite, à la piscine, au tennis, écouter de la musique .. 

Les distractions sont à l'échelle américaine. On fait ce que l'on a envie car les pouvoirs d'achats sont assez élevés. Il n'est pas rare qu'une famille possède trois voitures, deux canoës, un bateau à moteur, une moto qui est d'ailleurs utilisée comme un autre loisir, une table de ping-pong, etc.

L'habitude de grignoter à toute heure est prise et personne ne nous laisse dépenser nos dollars. Un week-end, voilà toute l'équipe en route pour Houston (qui détient avec New York le record de meurtres aux U,S.A.), donner une représentation trés moderne de l'enfant prodigue et chanter une messe (en rock). On faisait partie de la chorale et, en tant que Français moyens, il fallait absolument passer inaperçus. Avant de chanter, Joe nous présente et nous voilà applau­dit. Pas fiers les "French People".
Le soir, chacun était hébergé dans des familles, ambiance très très sympa (mais artificielle). Enfin, il fallait partir de Lake Charles et la veille, il y eut une grande tête chez M. King (le milliardai­re qui d'ailleurs a tout payé) et ça nous a vraiment fait mal au cœur de quitter tous ces gens si gentils qui vous supplient de revenir et qui eux aussi ont beaucoup de peine. On s'en souviendra longtemps.

Nos pneus avalent maintenant le bitume texan. Ne vous faites pas d'idées avant d'arriver au Texas, sinon vous serez déçu. C'est un Etat américain comme les autres où l'on peut condui­re à 15 ans (d'autres Etats à 16, 17 ou 18 ans) et que le moindre excès de vitesse est sanctionné d'un" ticket" Sale (3 tickets = retrait de permis). Après Beaumont. Houston, sur la petite route qui méne à Galveston Beach, le Zun s'arrête net privé d'allumage.


Il fera les derniers kilomètres en remorque derrière la Yam. La panne est velue et on sera secs. Il faut donc installer notre campement sur la plage et aller demander de l'aide chez "Dyer's Sportcycle Sales", agent Suzuki, car il n'y a aucun 50 Zundapp dans tous les Etats-Unis.

Jack le patron cherchera pendant 16 heures (effectives) avec minutie et patience. Même les testeurs électroniques ne trouveront rien et le moteur repartira aussi bizarrement qu'il s'était arrêté. Après quelques bières, Jack (qui était prêt à aller à Houston essayer de trouver des vis platinées de 125 Zundapp) nous offre 2 teeshirts de la maison en guise d'addition. La nuit suivante, une tornade fait une promenade de santé sur la ville et secoue tout ce qui est debout. Sur la plage, toutes les tentes s'écroulent, les deux motos aussi. Seule notre vieille tente (8 ans) a tenue. Maintenant, il faut vite quitter les U,S,A, car les visas vont bientôt expirer (une très grave faute comme vol, drogue, expiration du visa et le gouvernement américain ne voudra  plus vous voir pour.....50 ans).

On se sauve donc et passons la frontière comme des voleurs le dernier jour. 

...........................

 

Note du Zseft: ici MotoJournal à oublié une grande partie du reportage, avec la traversée de l'Amérique Centrale et les premiers milliers de km en Amérique du Sud, traversée de la Colombie puis du Pérou avec perte de la Yamaha (panne ou vol on ne sait pas). Dans le chapitre qui suit, on se retrouve à Arequipa au sud du Pérou, entre le Pacifique et la frontière de la Bolivie.

 

...............................

 

Casse, recasse et bus de der

 


Voyager à moto apporte des plaisirs immenses, une sensation de mouvement et de liberté, Mais parfois la moto cause bien des problèmes.

 
Par exemple, des gars nous ont volé notre brave 50 cc à Arequipa au Pérou. Ils ont roulé sans huile, résultat: moteur serré et segment cassé.

Vu qu'il n'y a aucun 50 cc Zundapp dans les trois Amériques, il ne nous reste plus qu'a prendre notre courage à deux mains. Après de nombreu­ses heures de travail, le moteur tourne plus ou moins bien (plutôt moins que plus). Je décide malgré tout de continuer vers la Bolivie alors que mon compagnon voyagera en bus et en train.

La route (mot souvent très mal employé par là-bas) ne sera pas des plus faciles. En effet, cette piste monte à 4.200 m et le moteur tiendra 40 km!

 

Perou4500m

 

Dans ces moments-là, on se demande vraiment ce qu'on est venu faire dans ce coin paumé du monde, J'ai vraiment envie de tout plaquer, vendre le matériel, acheter un billet d'avion et rentrer". 
Je suis toujours au milieu des Andes. Le paysage est vraiment magnifique et désert. Et puis non!

Ça serait vraiment trop bête après tous les sacrifices qu'on a faits pour arriver à ce voyage. Il faut absolument que je retourne à Arequipa prévenir Jeannot avant qu'il prenne son bus. Deux taxis plus tard (au Pérou, sur la piste, 2 taxis = 1 h), je décide de pousser.

Dix kilomètres plus loin, un camion accepte de charger la moto. Arrivé à la station de bus, je manque de m'évanouir, mais la course contre la montre est gagnée.


On se remonte le moral mutuellement et on reprend espoir. 
Aprés avoir commandé les pièces en France, on prend la direction "La Paz" (la moto dans un camion, puis sur le toit d'un bus).

La route qui longe le lac Titicaca de Puno à Cochabamba est fantastique. On peut y admirer des petits villages aux maisons couleur terre (faites de terre mélangée à de la paille, puis séchée). Les Indiens y cultivent encore assez primitivement. Plus loin, on peut voir des Ourous qui pêchent avec des canoës en roseau. C'est la deuxième fois qu'on vient sur les bords du lac et on se rend compte qu'on n'y a rien vu.

 
Jamais 2 sans 3


Voici enfin la capitale la plus haute du monde, La Paz (3,700 rn) dominée par la cordillère Royale.

On y fait une visite plus détaillée que la première fois, car on a tout notre temps. Les jours passent et les pièces n'arrivent pas. On décide de partir dans la junqle du côté de Coroïco, Carranavi dans les Yungas puis jusqu'à l'Alto Beni. Là la piste est vraiment folklorique, et ce n'est pas rare de suivre le camion à pied pendant des kilomè­tres car il s'embourbe, trop chargé (pendant qu'on marche, les poules, moutons, etc, se pavanent dans le camion).

Arrivant devant un trou béant, on voit déjà notre mini-périple fini. Mais non! Personne ne s'affole: "Il n'y a plus de pont, eh bien, on va en faire un autre!" me dit le chauffeur! Huit troncs d'arbres plus tard, on arrive à Palos Blancas, village limite des mis­sions. On y trouve encore les Indiens Moséténés qui chassent et pêchent encore avec des arcs et des flèches. Puis, je lie amitié avec le chef d'un campement militaire, Il me donne un petit singe de 4 mois: Benito 

 

LaPaz

Les pièces sont enfin là quand on rentre à La Paz. Je suis heureux de sentir encore quelqu'un de l'autre côté de l'Océan qui fait tout ce qu'il peut pour nous épauler.
Mais rien n'est joué car il y a encore 2,000 km de pistes velues. Pas question de passer à deux. Jeannot et Benito iront à Buenos Aires en bus et en stop. La séparation de l'argent sera plus vite faite que les adieux.


20 $ pour ... 4.000 km


20$, c'est ce que j'aurai pour aller à Buenos Aires alors que Jeannot n'en aura que 13$ (dans ces cas là, il ne faut pas être superstitieux),

 

Quel que soit l'endroit où l'on se trouve dans le monde, on y rencontre toujours des gens d'une gentillesse et d'un sens de l'hospitalité extraordi­naires.

C'est ce que j'ai pu constater pendant 22 jours (alors que je n'avais jamais demandé de l'argent ou quoi que ce soit). C'est beau le voyage!


Après 20 km de bitume sur l'Altiplano (4.060 m) voici de nouveau la piste (il n'y a que 500 km de bitume en Bolivie qui est environ deux fois grande comme la France).


Dès le premier soir, la chance me sourit à Orouro. Alors que je cherche l'office de Tourisme, des étudiants m'abordent, On discute un peu, ct le plus naturellement du monde ils proposent de m'héberger. J'accepte et je me sens tout de suite à l'aise avec eux. D'ailleurs, ils font tout pour et sans arrière-pensée Ils logent à quatre dans une petite pièce et, comme par miracle, il y a un IiI pour mal, Ils s'arrangent aussi pour rentrer ma moto il l'abri et en sécurité,

 

En mangeant ensemble au resto, on a l'impres­sion qu'on se connait déjà depuis longtemps. Après une bonne nuit de sommeil, je ne peux pas refuser l'invitation de faire une partie de football avec eux. Tout le monde joue très bien à ce sport national. Avant de partir, chacun cherche à m'être utile ou à m'aider une dernière fois. L'un d'eux m'offre sa flûte, l'autre me donne l'adresse de ses parents à Cochabamba et une lettre dt! recommandation. Maintenant, il faut quitter tous ces gars sympas pour reprendre la piste. Ça monte dur et ce n'est pas très bon pour le rodage. Quand c'est à peu près plat, les camions roulent plus vite, ce qui laisse de la tôle ondulée protonce qui fait tout casser ou se desserrer.

Pour bien faire, il faudrait rouler vers 110 km/h, mais le 50 cc ne le permet pas. Les Andes redescendent à 2.570 m vers Cochabamba. On commence d'ailleurs à y voir plus de végétation. Je cherche l'adresse donnée par l'étudiant d'Orouro. Plus je m'approche de l'adresse, plus je me dis que j'ai du toupet de me présenter chez des gens que je ne connais pas. Et puis, qu'est-ce que je vais leur dire en ayant l'air de demander la charité?


Ils habitent un pavillon, et la mère est là: je lui présente la lettre en lui expliquant comment j'ai rencontré son fils. Le temps qu'elle passe à lire me paraît très long et je ne sais plus quoi faire. C'est alors qu'elle me prie d'entrer, m'invite à boire un verre; a rentrer ma moto et a prendre une douche. elle me traite comme un ami de son fils qu'elle n'aurait pas vu depuis longtemps. Puis on parle un peu de mon voyage. Ce qui préoccupe le plus cette brave dame, c'est pour mes parents. Ses deux filles arrivent, et ça discute dur. Après un super-déjeuner, elles m'emmènent visiter la ville. Quand Quand on rencontre une de leurs connaissances, elles me présentent avec beaucoup d'éloges et semblent très fières de m'avoir sous leur protection. Elles me payent même un plein d'essence (je n'avais pas parlé de l'état de mes finances, sinon elles en auraient été malades).


Le lendemain, une poussée de fièvre terrible due sûrement à la piste très dure d'hier (230 km) me cloue au lit. La mère et les filles sont aux petits soins avec moi. Ça me remonte le moral et ça me fait chaud au cœur d'avoir une seconde mère. Je ne partirais que le lendemain matin alors que tout le monde me supplie en, pleurant de rester. Après les avoir remerciées de mon mieux (c'est dur), elles me donnent les derniéres recomman­dations de prudence, la mère m'embrasse et je pars.


Maintenant la piste remonte et je resterai 3 h en première! Il faut souvent régler la carburation avec les variations d'altitude. La piste est tou­jours à une voie et ce qui devait arriver arrive: dans un virage, un bus arrive dans l'autre sens. Je suis obligé de me jeter dans le fossé pour l'éviter. Heureusement que le précipice de 300 m est sur ma gauche. Dans les portions les plus rapides, j'arrive à tenir le 40 km/h de moyenne, et il ne faut pas mollir. Après avoir écrasé une poule à près de 70 krn/h, manqué la photo d'un chien maigre mangeant les entrailles en décomposition d'un âne, me voici à 20 km de Sucre.


Dans un petit restaurant, je rencontre quatre jolies Boliviennes qui sont en vacances. On engage la conversation et au moment de l'addi­tion, me font signe de laisser faire. C'est quand meme incroyable! Puis elles me guident jusquà un ancien monastere où elles logent. Ce sont toujours les mêmes questions qui reviennent dans les conversations avec les gens de tous les pays, mais on ne se lasse pas de répéter mille fois les mêmes choses. 

Le minuscule village s'appelle Tejahuasi et c'est très romantique. Le lendemain (non, je ne raconterais pas la soirée) on va se baigner dans la rivière qui coule à côté. Dans ce petit village, je trouve les cigarettes meilleur marché jamais rencontrées: 9 cigarettes pour 20 centimes. Elles  sont faites à la main, enveloppées jusqu'à la moitié par du papier journal.

La journée est déjà très avancée, pourtant il faut que je sois à Tarabuco pour demain matin dimanche. Les filles me payent encore de quoi remplir mon estomac et me demandent d'essayer de repasser par là.  Il fait déjà presque nuit et la piste est terriblement difficile: je mettrais 2 h 30 pour 60 km, mais je ne regrettai rien.

 

 

Tarabuco et son folklore

 

 

Le détour valait vraiment le coup, car le matin (je campais sur la place du village), un spectacle inoubliable s'offre à mes yeux. Le marche est déjà installé et les Indiens, comme tous les dimanches sont venus vendre et acheter, ou encore chercher leur promise. Ils sont venus des montagnes à pied ou à dos d'âne. Sur le marche, on trouve de tout depuis le fœtus de lama jusqu'à la pioche en passant par la feuille de coca.

Beaucoup parlent seulement quechua et un gosse se trouve toujours la pour traduire. Les costumes sont de toute beauté. Les pantalons des hommes, coupés à la hauteur des genoux sont faits dans de la grosse toile. Les hommes commes les femmes portent des sandales de pneus de camion qui leur dureront toute la vie. Les hommes ont des chapeaux style consquistadores en peau de vache, d'âne ou de chטvre, richement dיcorיs. C'est un vrai festival de la couleur. Aprטs le dernier verre de chicha (boisson alcolisée à base de maïs fermenté), chacun reprend la route de la montagne en jouant du charrango alors que d'autres s'entassent dans les bus et dans les camions. Pour moi aussi, il faut partir.


Les kilometres défilent. Après Sucre et son "petit Paris", voici les mines de Potosi. La piste monte à 4.700 m et le 50cc souffle. Aucun problème depuis le changement du piston et du cylindre à part une crevaison. Toujours cette bonté humai¬ne pour m'aider: mךme la police à Potosi me loge dans une cellule alors que je leur demande un coin tranquille et sans danger pour camper. Après 10h consécutives de piste (330 km), me VOICI a Villazon, ville frontière avec l'Argentine. Jeannot et Benito sont au rendez-vous, " nous reste respectivement 12 et 6 dollars. Ça va être dur Car Il y a 2.200 km à faire et la vie en Argentine est beaucoup plus chère. On se sépare a nouveau.


L'Argentine


Quand on entre en Argentine, on découvre un autre monde,
Les gens sont habillés à l'européenne, il y a du bitume, des panneaux de signalisation. de belles voitures. C'est un peu la même impression que ressent le soldat qui revient du front et qui trouve des magasins, des maisons entières, la vie de tout les jours...

 

La descente des Andes se fait en pente douce et c'est très agréable de rouler sur le bitume: il n'y a plus à faire attention aux trous, à la tôle ondulée, aux dérapages, etc. Après 2,000 km de pistes super dangereuses sans problèmes, voilà que j'éclate à l'arrière!


Avec le poids des bagages, la chûte est inévitable. Mon bras droit me fait mal et ne peux pas relever le Zundapp. Je me sens vraiment seul au monde: ma bécane tordue est là par terre, l'essence et l'huile coulent.

Je ne peux rien y faire et personne ne s'arrête. J'ai envie de pleurer dans les bras de ma mère. Quarante-cinq minutes plus tard, un fermier s'arrête et tout de suite prend conscience de la situation. Il charge la bécane et m'emmène à l'hôpital le plus proche.

Je n'ai rien de cassé, mais on me fait une piqûre pour calmer la douleur. Je tombe dans les pommes et je ressors le bras neuf... en boitant (Ah! cette piqûre). Le fermier qui avait attendu patiemment fait un grand detour pour me conduire dans un garage de Salta.

On est samedi et tout est fermé, J'ai tout juste de quoi payer deux nuits d'hôtel, Un garagiste accepte enfin de réparer ma bécane. Le fermier m'adresse un grand sourire, Ça me gêne un peu de voir cet homme partir alors que je n'ai pu le remercier qu'avec de mauvaises paroles d'espagnol. J'ai bien cherché, mais je n'avais même pas une photo ou quelque chose pour le remercier. Mais sûr que je lui écrirai.

La chaine de solidarité continue: le garagiste me prend il part et me dit très gêné: "Tu vois, j'ai ma femme, trois enfants, notre maison n'est pas très grande; si tu veux, tu peux dormir dans la voiture américaine qui est là! " . . Puis comme pour se faire pardonner. Il laisse de côté son travail en cours pour réparer ma moto: Sa femme m'appelle pour manger comme si maintenant je faisais partie de la famille. Pendant deux jours de convalescence, ils me promène­ront dans la ville et ses environs, me feront connaître leur famille. J'ai alors fait connaissan­ce de personnes vraiment sympathiques. Je crois que l'Argentine est le pays le plus hospitalier des 16 pays traversés en Amérique. Les Argentins en font même une question nationale. En guise de facture, ils me donnent une photo de la famille au complet en me demandent de ne pas les oublier. C'est vraiment touchant. 

Après deux crevaisons (je n'avais pas les moyens d'acheter une chambre à air neuve) j'arrive à Tucuman où une lettre de Jeannot m'attend. Il y a 4 dollars dedans et ça me sauvera. De son côté aussi, il a pu juger de l'incroyable gentillesse des Argentins et certains lui ont même donné de l'argent alors qu'il ne les avait connus que 2 h!

Me voici a Rosario. Le 50 cc marche bien. Encore un effort et me voici à Buenos Aires où une grande partie de l'Argentine est centralisée. Je n'ai presque plus d'essence et il me reste moins d'un dollar.

Le plus formidable est de se faire inviter dans un grand centre comme Buenos Aires. C'est ce qui m'est arrivé dans un hôtel par le patron. Comme prévu, je retrouve Jeannot et Benito (qui a tres bien supporté le voyage). On se raconte nos aventures et elles sont plus incroyables les unes que les autres.
Notre argent tant espéré était là depuis trop longtemps, et la banque de Buenos Aires l'a renvoyé en France Il faut attendre une semaine pour pouvoir le palper.

 
Seule l'ambassade de France pouvait dès lors nous aider. On ne voyait vraiment pas d'autres solutions.
Eh bien! tenez-vous bien, on nous a reçus comme des chiens. " Il y en a toutes les semaines qui viennent pleurer et si je prête à tout le monde, je finirai sur la paille" nous a dit le consul en nous mettant gentiment à la porte. Ça nous dégoûte d'être français.


Nous Voila à la rue essayant de sortir de ce pétrin. Deux jours sans manger, c'est dur et il ne nous reste plus qu'à faire la manche. C'est la première fois du voyage qu'on demande quelque chose et on n'est pas fier de nous.


Le voyage se prolonge en Uruguay, et enfin au Brésil jusqu'à Rio de Janeiro où nous prenons le bateau après 13 mois de voyage et 31.000 km en 50 cc dont 10.000 à deux dessus et 45 kg de bagages
Il faut aussi dire que le Zundapp (publicité gratuite) a la même cylindrée qu'une Mobylette ou qu'un Solex et qu'il totalise maintenant 80.000 km. Il m'emmène tous les jours au boulot (il le faut bien pour repartir !)

 

FIN