Pour nos amis qui ne connaissaient pas le Tour de France Moto il faut préciser que de 1973 à 1981 c'était une épreuve genre "Rallye" de haut niveau, qui allait de ville en ville avec des épreuves sur circuit, des courses de côte, et ainsi de suite....Beaucoup de succès pour cette épreuve qui profitait à plein du renouveau de la moto, beaucoup d'enthousiasme, d'amateurs, de grands champions et de futurs grands.

Donc pour le Tour de France Moto 1975 l'importateur pour la France décide de promouvoir la KS 125 en en confiant un exemplaire "préparé" à Philippe Vassard, et Philippe terminera assez loin au général (cat. 125cc) avec une 5e place, le premier étant Schimpff de sur une Yamaha (RS125 mono) et une autre KS125 sera devant lui en 4e place celle de Chalmandrier. Mais si Vassard ne fut pas brillant au général il impressionna par ses performances lors des épreuves courtes de ce Tour de France 1975 en gagnant dans sa catégorie toutes les courses de côte sauf une, et tous les circuits !

La seule course de côte qu'il ne gagna pas l'endicapa au classement "course de côte /125cc" où il ne fit que 4e, par contre ses victoires sur circuit lui apportèrent la première place du classement "circuit/125cc".

A noter qu'avec l'autre KS125, Chalmandrier fit 3e au classement "Circuits" et 2e au classement "Côtes". Le plus brillant des 125cc fut incontestablement Thierry Schimpff sur sa Yamaha (RS125 mono) très certainement bien préparée: en plus de sa 1ere place au général, Thierry Schimpff fut 2e au classement "Circuits" et 1er au classement "Côtes"!!! 

Au passage les grands victorieux toutes catégories et 1000cc  de ce Tour de France 1975 furent n°1 Rigal (980 BMW) et n°2 Estrosi (750 Kawasaki) avec ces mêmes positions de 1er et 2eme dans tous les classements: général, circuits et côtes!!!

Les classements de ce tour 1975 en fin d'article

 

Comme les Zundapp sont presque totalement inconnues en France, cette démonstration eu quelques échos dans les revues moto et Christian Bourgeois qui avait fait un essai de cette KS 125 en octobre 1973 pour MotoRevue, se remet au travail pour un petit comparatif entre cette machine 1975 "dite de série" et celle qu'il avait essayée 73. J'ai mis "série" entre guillemets car au ZSEFT un certain Michel Piercy a connu le responsable de l'importation Zundapp chez Gottfried, qui lui avait confié que le moteur avait été fourni par le service course de l'usine.......Ce qui ne semble pas étonnant lorsque l'on voit certaines incohérences dans ce que nous dit C.Bourgeois, la machine "tire beaucoup plus court que le modèle standard", d'accord mais ensuite il nous dit que l'étagement de la boite est du type "cross" avec "une première qui monte à 60km/h"...!!! C'est au moins un moteur de MC125 19ch sinon plus, et de nous indiquer ensuite les caractéristiques de la KS de série y compris les rapports de boite!!!

De toute façon la pub à été efficace car c'est suite à cet exploit que notre ami Louis d'Oullins avait acheté sa première 17ch.

Comme d'habitude vous avez ci dessous avez le texte intégral de l'article de MotoRevue n° 2226 du 26 juin 1975 avec quelques unes de ses photos.

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TitreKs125_3

Après s'être taillé une réputation solide en tout terrain, Zundapp se fait également connaître sur la route par des modèles de tourisme à nette tendance sportive. Ce caractère tient d'ailleurs plus aux performances étonnantes de leur petit moteur deux temps qu'à leur aspect extérieur.
La 125 Zundapp KS Sport est relativement peu connue dans notre hexagone. Pour sûr ce n'est pas la moto de monsieur tout le monde! Les performances réalisées par Vassard au dernier Tour de France ont étonné tous les spécialistes.
Le petit bolide rouge a trusté toutes les victoires de classement dans sa catégorie en dépit d'une concurrence sérieuse. Voilà ce qui devrait amener Zundapp, une prestigieuse marque allemande, à être mieux connue.

ChistBouregeois

Mais comment passe-t-on du tourisme à la compétition
Voilà la question que je me suis posée. A vrai dire il n'existe pas de différences fondamentales entre une Zundapp commercialisée et celle qui a effectué le Tour de France. Pour être franc il n'y en a pas car la machine a été prélevée dans la série et n'a pas été transformée. Les seules modifications ont porté sur des points de détails. les voici:
- Démultiplication finale plus courte désavantageant la machine en vitesse de pointe mais apportant un surcroît de nervosité. Comme sur route la vitesse est limitée à 90 km/h, cela n'a aucune importance.
- Doublement des câbles comme en régularité de façon a pouvoir réparer dans les meilleurs délais et être sûr d en avoir un a portée de la main.
- Remplacement des amortisseurs arrière d'origine par des Koni.
- Remplacement des pneumatiques d'origine Metzeler par les nouveaux Dunlop K81 mieux adaptés à un usage compétition.
- Pose des plaques de numéros obligatoires.

Les transformations sont minimes, en fait, il s'agit plutôt d'aménagements.

Elle n'a pas le physique de l'emploi
Après avoir détaillé notre 125 Zundapp, venons en au fait. Malgré des plaques rappelant sa participation brillante au dernier Tour de France moto. il faut taire un gros effort d'imagination pour se convaincre de ses performances. Elle n'a pas du tout le physique de l'emploi et son allure pataude, son esthétique germanique, résument tout ce qu'on peut dire a son sujet. La Zundapp ne s'apparente pas à ces petits racers brillants tels qu'on en rencontre beaucoup an Italie par exemple. Chez elle tout est d'abord fonctionnel ou essaye de l'être. Ce vélomoteur est traité comme une cylindrée beaucoup plus importante, ce qui est un gage de sérieux appréciable et apprécié.
On pourrait croire que ce Zundapp n'a plus aucun rapport avec le modèle commercialisé, or il n'en est rien. Si  les performances sont excellentes dans tous les compartiments, cette vertu n'est pas pour autant réservée à cette "Tour de France". Cette moto prise dans le lot n'a subi comme il en a été parlé plus haut que des modifications de détail ayant essentiellement pour but d'améliorer le côté

Ks125_1

Une mise en route enfantine
Le contact comme sur de nombreuses machines germaniques s'établit à l'aide d'une clef un nom bien pompeux pour une vulgaire tige de fer qu'on enfile sur le dessus du phare. Avec ce système n'importe qui ou presque est capable de mettre votre machine en route. Ensuite il faut ouvrir l'essence à l'aide d'un robinet comprenant trois positions et un filtre de décantation. A signaler que sur notre machine d'essais l'ensemble avait une forte propension à fuir (cette caractéristique existant déjà en 1973). En principe il existe un starter. Mais un tour de France est une épreuve longue et pénible et la commande dudit starter n'y a pas résisté. Qu'importe puisque notre Zundapp sans aucune difficulté, démarre toujours à la première sollicitation. Bravo donc aux techniciens de Zundapp qui ont su faire à la fois une machine performante sans altérer pour autant la facilité d'emploi. Les premières fois, on est un peu étonné en mettant le moteur en route à l'aide du kick. On a la désagréable impression que le moteur est détaché du cadre car il prend une gîte inquiétante. Rassurez-vous en sachant que la fixation par l'intermédiaire de silent-blocs très souples est responsable de cette caractéristique troublante.

Ah quel silence
Alors qu'on s'attend à un déchaînement de décibels (souvenir de 73) ma surprise est grande de constater que le volume sonore de cette mécanique est des plus raisonnables.  Puissance  et  performances ne sont pas, Zundapp le prouve, synonymes de bruit. Les techniciens de la marque sont arrivés à un compromis excellent à ceux des marques concurrentes de réaliser la même prouesse.

Oui au mono
Dans cette catégorie de véhicules le mono-cylindre n'est pas mort. Les avantages d'un monocylindre  sont  évidents: simplicité, économie. légèreté sont les résultantes de cette option. Le moteur Zundapp est une réussite totale et réelle. La marque possède une expérience solide du deux temps à haute performance. dans les domaines du tout terraln et du moto-cross, disciplines éprouvantes pour les mécaniques. Qui peut le plus peut le moins dit-on, et c'est bien vrai. Un moteur capable de peiner dans un bourbier à basse vitesse sera comme un poisson dans l'eau sur la route. La qualité des métaux employés et la précision des usinages font de ce petit mono-cylindre une petite merveille.

Du tonus à revendre
Ce moteur semble indestructib!e. J'ai pu constater que  même  après  une  longue étape effectuée à "Vollgas" le 125 zundapp ne voyait en aucun cas ses facultés altérées. La puissance de cette  mécanique n'est pas  obtenue  au  prix de  régimes démentiels. Les Ingénieurs se sont efforcés de travailler le couple et la puissance à bas et à moyens régimes. Vers 8500 tr/mn on sent que le moteur plafonne.  Dans bien des cas il n'est pas nécessaire de pousser les régimes aussi loin pour obtenir d'excellentes performances.
Il va vite, consomme peu et paraît indestructible, voilà résumées les qualités essentielles de ce mono deux-temps. Comparativement  à  l'ensemble  cylindre - culasse généreux, le bas-moteur fait quelque peu sous-dimensionné.  Ce  bloc  moteur  est dérivé des 50 cc de la marque et est simplement un peu grossi. Il n'en demeure pas moins qu'il encaisse parfaitement tout le punch. L'embrayage paraît robuste et, malgré un Tour de France complet, a gardé toutes ses qualités de progressivité. L'étagement de la boîte de vitesses est parfait pour un usage sportif. Celui-ci est du tvpe cross avec  une première assez  longue. Dans ces conditions je premier rapport qui monte à près de 60 km/h ne sert pas uniquement au démarrage.

 

Une sélection fantaisiste
Malheureusement tout l'agrément est gâché par un système de sélection qui est à coup sûr le moins réussi que je connaisse. Dans ce domaine le Sachs est largement battu, ce qui n'est pas peu dire. La course du sélecteur est grande et oblige à décoller le pied du repose-pieds et la précision de sélection est très approximative. Disons pour résumer le tout que le Zundapp possède cinq vitesses en vrac.

Un petit bolide
La puissance élevée de cette mécanique n'est pas  obtenue  au  détriment  de la souplesse.
Bien sûr, ce 125, à très nette tendance sportive, ne se conduit pas comme  un vulgaire utilitaire. Il faut s'appliquer au départ et au besoin se servir de l'embrayage  pour accrocher le bon  régime. Une fois dans les tours  il  n'y a plus aucun problème. Le régime moteur monte très vite et il n'y a plus qu'à Jouer avec la boîte de vitesses en prenant toutefois soin de prendre son temps et décomposer ses
mouvements pour éviter de se trouver sur un faux point mort! Toujours ce maudît sélecteur !...  Une fois que  cette  petite gymnastique est assimilée tout se passe à peu près bien.

Ks125_2

Faite pour tout le monde
Bien  que  d'une  taille  au-dessus  de  la moyenne je me trouve bien à l'aise sur cette 125. Sa taille rappelle plus une 250 qu'un vélomoteur. Ayant essayé simultanément cette machine avec la 125 Yamaha RDX, j'ai pu me rendre compte une fois encore des dimensions généreuses de cette germanique. La position tendrait plus vers le grand tourisme que vers la compétition. Le triangle selle - repose-pieds - guidon est judicieux. La position qui en résulte est parfaite pour le grand tourisme Car elle n'est pas du tout fatigante et je suppose que faire le Tour de France avec pareille monture relève presque de la promenade. Les genoux serrent bien le réservoir et les commandes tombent parfaitement où on les attend.

Sur ce 125 j'ai apprécié un certain nombre de détails comme le léger décrochement de la selle biplace qui est relativement bien rembourrée et les leviers contre-coudés qui démultiplient l'effort.
Les qualités routières de ce 125 sont au niveau des performances. Le cadre offre une  rigidité  parfaite.  Il  n'y  a  pas  de solution mirade mais seulement un cadre double berceau bien étudié. Les suspensions conviennent à l'usage que l'on peut faire du Zundapp. Pourtant, étant un perfectionniste dans ce domaine, je  pense qu'il serait encore possible d'améliorer le Zundapp de ce point de vue.
La fourche avant très robuste pour un 125 offrirait encore un meilleur service. Si les ressorts étaient un peu plus souples cela permettrait  d'avoir  une  efficacité  plus grande de l'amortisseur, Cette remarque est également valable pour l'arrière. Les amortisseurs sont des Koni et la tenue de  route,  après plusieurs  essais,  s'est révélée  meilleure  en  diminuant  la  précompression du ressort.
Quoiqu'il en soit la zundapp s'est révélée une  machine très  agréable  à  conduire. Comme le freinage. pourtant assuré par des tambours qui ne payent pas de mine, est bon en usage normal et que la marge de sécurité offerte par les nouveaux pneumatiques Dunlop K81 pour petites cylindrées est grande, il est possible de se faire plaisir avec le zundapp et aussi de faire la pige à bon nombre de pilotes de cylindrées supérieures qui n'en croient pas leurs yeux.
Et pourtant elle ne paye pas de mine notre 125 Zundapp. Comme je le disais plus haut elle n'a rien pour aller vite. Mais l'habit ne fait pas le moine. Sous une apparence tranquille et sage, elle cache un tempérament de feu. Le cocktail  réalisé  par Zundapp est réussi. La victoire dans les épreuves de classement de Vassard qui pilotait cetre machine au dernier Tour de France ne relève en rien du miracle. C'est après l'avoir essayée que j'en ai eu la certitude.

Performances
Nous avions déjà essayé la 125 Zundapp KS Sport dans  notre numéro 2.143  en octobre 1973. Il m'a semblé utile de me référer aux chiffres obtenus lors de cet essai qui déjà s'était déroulé par temps de pluie à Montlhéry. Cette fois encore je n'ai pu aller sur le routier. le circuit étant détrempé par un orage aussi subit que violent. Il est cependant bon de préciser que pour le Tour de France la 125 zundapp KS Sport avait été dotée d'une démultiplication plus courte lui assurant de meilleures reprises et donc de meilleurs temps dans les épreuves de côte. Avec cette démultiplication la Zundapp est un véritable boulet. La vitesse maximum est obtenue en position assise sans foncer. Je n'ai pas effectué pour des raisons de sécurité de maxi-couché, ne voulant pas soumettre à la torture une mécanique sur 3 km. Le gain dans ces conditions est minime, 5 km  environ,  et n'est acquis qu'au prix de surrégimes.
Le modèle type Tour de France bien que plus  rapide  était  aussi  beaucoup  plus silencieux que le précédent. Cela tendrait a prouver si cela n'était encore fait que bruit et performances ne vont pas forcément de pair.

CacteristicHautCacteristicBas

Rappel des liens figurant dans ce message:Philippe Vassard, Christian Bourgeois , l'essai de cette KS 125 en octobre 1973, Louis et sa première 17ch.

 Les résultats du tour de France 1975

 

TDF1975

 

Général par cylindrées

Resultats1975generalParCylindr

Général courses de côte par cylindrées

Resultats1975Cotes-1et2-ParCylindr

Thierry Schimpff le meilleur des pilotes 125cc lors de ce Tour 1975 

photographié ici lors du TDF 1976

Schimpff-Thierry

 

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Général des circuits par cylindrées de ce TDF 1975

Là où Vassard fut le plus brillant en mettant 4 bonnes minutes dans la vue au premier du général.

Resultats1975CircuitParCylindr

Philippe Vassard, ci-dessous lors du TDF 1976, sur une japonaise.

Vassard1976

Jacques Chalmandrier, bien placé dans tous les classements de ce TDF 1975 au guidon, lui aussi, d'une KS125.

Ci-dessous il est au guidon d'une BMW lors du TDF 1976.

chalmandrier_jacques1976

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